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    Je m’adresse aujourd’hui particulièrement à ces centaines de Russes qui visitent hebdomadairement mon blog. Rassurez-vous, ce n’est nullement parce que je vous soupçonne tous en train de me plagier médiocrement dans votre jolie langue, mais afin de venir en aide à ces milliers de toutous enfermés dans vos refuges mocovites! Car je viens de lire un article inquiétant selon lequel vos nouvorich refusent d’adopter des chiens qui se retrouvent aux fourrières puisqu’en Russie, apparemment, il est de « bon ton » d’avoir un chiot à pedigree dont on peut se vanter devant ses amis ! Pauvres Russes : ils n’ont toujours rien compris au snobisme, car les bâtards et les corniauds ont souvent des postures et gueules beaucoup plus uniques que votre labrador « chocolat » ou votre bichon maltais! Par ailleurs, l’Histoire fournit maintes preuves que le bâtard se révèle parfois très agréable et utile, et l’on en a vu gagner leurs titres de noblesse ! Puis, faut-il vous rappeler que Laïka, le premier être vivant mis en orbite autour de la terre, était une chienne errante trouvée dans les rues de Moscou ! Foin ! Vous avez vraiment la mémoire courte !!!

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com


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    C’est la fête aujourd’hui : non seulement c’est l’Ascension, mais aussi le premier anniversaire de mon snob’log  (ce qui, toutefois, ne peut être qu’une simple coïncidence) ; ainsi je me permet, avec une mollesse divine, le plus bref édito qui soit !  

    Singulièrement vôtre,

    Anton@Snoblissime.com


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    Un lièvre ne sera jamais un vison, dit ma mère lorsqu’elle rencontre des personnes qui se donnent beaucoup de mal pour appartenir à la noblesse alors qu’elles manquent d’élégance et d’éducation. Elle a reçu cette leçon de sa mère, et ma grand-mère sans doute de mon arrière grand-mère, et, qui sait, peut-être pourrait-on ainsi remonter jusqu’au XIV siècle. Car à cette époque, il manquait tellement de nobles et véridiques chevaliers, que les autorités françaises anoblirent une grande quantité de bourgeois et de paysans. Cela n’avait rien d’étonnant, car la guerre qui ravageait alors l’Europe allait durer cent ans et les soldats devenaient assez rares. Ces nouveaux nobles n’étaient toutefois pas très courageux et braves. Ainsi ils reçurent le surnom de « Chevaliers du Lièvre ».

    Le lièvre était déjà le symbole de la fécondité chez les Grecs anciens. Les « Chevaliers du Lièvre » se reproduisaient également à une vitesse phénoménale, ce qui explique pourquoi les aristocrates de pure souche, qui étaient apparemment beaucoup plus lents, les maudissaient. Or il paraît que certains descendants de ces faux nobles se trouvent encore dans les Bottins Mondains d’aujourd’hui ! Demandez donc préalablement conseil à votre héraldiste avant de publier les bans, car il se peut que la famille de votre partenaire ne soit pas tout à fait généalogiquement établie.

    En France, contrairement à beaucoup de pays germaniques et nordiques, ce n’est pas un lièvre qui apporte les œufs à Pâques, mais un lapin. La bestiole se vend alors en chocolat, ornant les vitrines de boulangeries et les appartements. L’œuf est, évidemment, un autre symbole de la fécondité. On les retrouve également en chocolat, dans toutes les tailles et de toutes les couleurs. Cependant, les œufs « Fabergé » ont l’immense avantage de se garder plus longtemps. De surcroît, ils ne sont pas « saisonniers ». Chez Christie’s à Londres, vos enfants peuvent en chercher à tout moment de l’année.

    Je vous souhaite de joyeuses Pâques !

    Singulièrement vôtre, 

    Anton@snoblissime.com

     


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    J’ai failli vous écrire depuis mon lieu de villégiatures perdu au milieu des brumes et odeurs de tourbe et de marécages, tout droit sorti d’un poème de Verhaeren ou d’un autre Décadent, mais le désir y n’était pas. Je ne pouvais tout de même pas me forcer. J’aurais eu l’air de quoi ?! D’un workaholic ? D’un stakhanoviste ? D’un trader ? Voyons ! Moi ? Qui affectionne tant la mollesse aristocratique et le luxe classique de la sieste ?

    Je voulais pourtant exprimer mon contentement quant aux bouleversements dans le monde arabe. Nous sommes très heureux pour nos consoeurs et confrères musulmans. À condition qu’ils laissent les monarchies en place ! Évidemment. Pour l’idiome des futurs nouveaux arrivés: le mot arabe pour snobisme est « tanabboûl ».  Je tacherai de trouver d’autres mots essentiels dans les semaines à venir. N’oubliez pas : historiquement, en snobisme, vous avez quelques siècles d’avance sur les Occidentaux.

    À propos, je voulais également vous demander : vous vous souvenez de mon premier Chinois sur mon blog, il y a quelques semaines ? Eh bien, figurez-vous, désormais j’ai mon propre agent littéraire en Chine. À cette vitesse-là, j’ai intérêt à préparer mes malles !

    Je voulais aussi vous rappeler que mes avertissements concernant le réseau connu sous le nom Facebook étaient fondés : un Chihuahua anglais s’y vante d’avoir 2.710 amis…. Vous voyez bien que j’avais raison ! Il faut toujours écouter mes conseils. J’espère vraiment que vous n’en êtes pas !

    Je suis donc de retour, plus blasé que jamais, mais pas encore à cent pourcent à votre service. Laissez-moi le temps d’acclimater : après mon séjour dans un charmant rendez-vous de chasse d’une dynastie royale toujours en activité, avec un personnel tout aussi provincial et charmant, le retour à l’urbanité est rude. Accordez-moi le temps de faire mes adieux à la paresse, qui a, forcément, toujours beaucoup de mal à me quitter. De surcroît, elle est de nature très lente. Or demain je pars pour une banlieue chic où je passe le reste de la semaine dans une villa ayant appartenu à quelque Poniatowski. Et je pense qu’elle a très envie de venir avec moi….

    Singulièrement,

    anton@snoblissime.com

     


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    Un lecteur attentif m’a fait savoir, suite à mon article sur les slips snobs du 16/07/2010, qu’il existe, à part Eminence, encore d’autres sous-vêtements masculins avec des noms très avantageux tels que Prestige, Elite et King. Nous lui remercions pour ces informations précieuses, mais il est de mon devoir de vous signaler qu’aucune de ces marques propose des slips « kangourou ».

    De mon côté, je vous signale la naissance de la marque « By appointment to H.H. Mario-Max Prince Schaumburg-Lippe ». Son designer est le fils du prince Waldemar zu Schaumburg-Lippe-Nachod, un cousin de la reine Margarethe II du Danemark. Pour votre gouverne : le Schaumburg-Lippe était jadis un minuscule comté, devenu principauté seulement à la fin du XVIII. siècle, en Basse-Saxe (Allemagne).  

    Mes correspondants en Autriche me signalent toutefois quelques détails pas snobs du tout.  Ainsi ce prince serait un enfant adopté : d’ailleurs, le chef du clan, son oncle Alexandre Fürst zu Schaumburg-Lippe prétend qu’il n’a nullement le droit de porter cette appellation. Il semble aussi que la dissertation de son neveu proposée à l’université d’Innsbruck (afin d’obtenir le titre de « docteur ») ait été refusée car soupçonnée de plagiat, un fléau qui semble universel.

    Nous constatons également que les slips à poche sont totalement absents dans la gamme dessinée par ce wannabe prince. Apparemment, selon lui, les royalties ne portent que des caleçons blancs. Ce qui est absolument faux car Prince Harry d’Angleterre en porte même en couleur rose.

    Or toutes les valeurs se perdent !

    Pour quand le lancement d’un comité de soutien pour la sauvegarde du slip kangourou ? 

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com

     


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    Vous avez certainement entendu parler du succès phénoménal d’ »Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel. Une fidèle lectrice a remarqué sur Amazon, que son livre est apparemment acheté par les mêmes personnes que mon Petit Bréviaire. Contrairement à son titre, j’en suis fort flatté !

    Evidemment, me diriez-vous, s’indigner c’est l’essence-même du snobisme. Je ne sais pas si c’est typiquement français, mais dès qu’il faut être indigné, vous êtes toujours de la partie. J’ai même la vague impression que certaines personnes aiment dîner chez Costes, uniquement pour le plaisir d’en sortir scandalisés par l’attitude de leur personnel de salle. Soit ! Dès qu’on ne respecte pas le protocole ou votre savoir-vivre, et hop ! Avouez-le : vous adorez vous indigner ! Ce n’est pas la peine d’en parler à votre psy, car c’est tout à fait normal. Pour les gens de bonne condition et de qualité, ceux qui ont reçu une excellente éducation (éventuellement privée et chrétienne), qui maîtrisent l’étiquette ou qui appartiennent à une élite, les occasions de montrer leur indignation seront, forcément, plus nombreuses que celles d’un foule barbare et inculte. D’ailleurs,  la Tulipe noire, Zorro et Robin des Bois étaient tous des aristocrates !

    Il faut toutefois considérer que le snob suprême ne quittera jamais sa tour d’ivoire pour se mêler à une quelconque indignation collective suite aux déficits et l’ennui de la société. Dieu le préserve des masses agitées! Rappelons-nous que la moindre excitation nuira à notre réputation snob. En conséquence la distinction conseille un air plutôt indifférent ou hautain ; voire un regard dédaigneux et intransigeant qui pourra, de surcroît, vous éviter certaines irritations et rages. Relisez éventuellement Le Prince de Machiavel, une lecture éternellement saine. Or il faut toujours s’indignez posément. Si vous vous énervez très vite, parlez-en à votre herboriste avec pignon sur Greenwich Village ou East Broadway (Chinatown) où le gratin bio de New York se fournit en tisanes sédatives. Partager son acupuncteur avec une princesse norvégienne ou un Prix Goncourt est une alternative avenante. A défaut, si vous n’arrivez pas à vous indigner calmement, suivez les conseils de Baudelaire :  « Enivrez-vous ! » Au demeurant, je vous rappelle que les Champagnes Gremillet fournissent près de 70 missions du corps diplomatique français. Gouttez donc la même cuvée que votre consul à Istanbul ou votre ambassadeur à Rome. D’un air élégamment indigné et désabusé bien sûr. 

    Singulièrement vôtre,

    Anton@Snoblissime.com


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    Une nouvelle année commence ! Byzance ! diront les snobs avant-gardistes : une quantité de nouvelles choses, idées et tendances vont arriver dont les plus chanceuses possèderont un snob-appeal absolu et incalculable! Superbe ! diront les snobs conservateurs : on va pouvoir les snober toutes ! Ainsi, en matière de snobisme, tout le monde sera content en 2011. Je ne vais tout de même pas semer la pagaille parmi vous ! Par les temps qui courent, nous, les snobs, nous devons rester solidaires, tout en gardant nos distances, évidemment.

    « La curiosité n’est pas un goût pour ce qui est bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare. » explique La Bruyère dans Caractères. « Unique, pour ce qu’on a et que les autres n’ont point. Ce n’est pas un attachement à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, à ce qui est à la mode. Ce n’est pas un amusement mais une passion et souvent si violente qu’elle cède à l’amour et à l’ambition que par la petitesse de son objet. Ce n’est pas une passion qu’on a généralement pour les choses rares et qui ont cours, mais qu’on a seulement pour une certaine chose qui est rare et pourtant à la mode. »

    En effet, je nous plains, nous les pauvres snobs souffrant de la curiosité, cavalant, en dépit des intempéries, d’un vernissage à une première mondiale, puis à son after-party, et demain d’un défilé à un deuxième, puis un troisième, parfois même cinq dans la même journée. Ces snobs font souvent beaucoup plus que les trente minutes de marche à pied que votre Ministre de la Santé vous recommande. Il faut alors être en bonne santé et très sportif. Cela n’est pas votre cas ? Alors, faites comme moi et apprenez à gérer votre curiosité. Occasionnellement, quand j’ai juste envie de ne rien faire, je deviens un snob conservateur par excellence. C’est mon « joker ». Et des jokers, il en faudra chaque année un peu plus !

    Je vous souhaite une année snoblissime !

     

    Anton@Snoblissime.com

     


  • Le dernier édito snob de cette année: il fait fonction d’ « out of office » aussi. Vous pensez bien que je ne vais pas rester en France, pendant que vous vous ridiculisez avec vos chars et soldats combattant ces trois malheureux flocons de neige. Pas de taxi, pas de bus, des magasins qui ferment précipitamment « à cause de la tempête » ; franchement, moi je préfère nettement être à Anvers (flânant négligemment dans la boutique à trois ( !) étages de Dries van Noten ou dans le quartier des diamantaires), sans me soucier des folies de la météo. A chacun ses valeurs.

    Mon retour ? Je n’en sais rien. Vous verrez bien. Après les tempêtes sans doute. Alors, comme il se doit, je vous souhaite un Noël aussi snob qu’il puisse l’être : enivrez-vous, consommez, achetez, gâtez sans modération ! Faites-vous plaisir et faites plaisir à vos instincts! Et en plus, ainsi, vous donneriez un sacré coup de pouce à notre économie qui en a un fort besoin ! Le shopping est aussi important que le Téléthon et c'est moi qui le dit! Soyez bling-bling jusqu’aux bouts de vos ongles, sortez les visons de vos vieilles tantes, sabrez sans regret votre stock entier de champagne, faites exploser votre American Express! Votre Premier Ministre vous en sera très reconnaissant. Peut-être même que votre Président vous invite à son repas de Noël avec son épouse et sa tribu, afin de vous remercier de votre soutien. Je vous rassure, je plaisantais, cela est peu probable. Effectivement, ça ne doit pas être drôle, un dîner au palais avec vos souverains tandis que les journalistes de Gala et Paris Match grouillent et sautent sur les bergères dorées comme des puces excitées. Il y a certainement des endroits plus paisibles sur cette terre. C'est Noël après tout! 

    Si, toutefois, vous n’osez vraiment plus porter la collection de broches clinquantes de votre grand-mère, parce que vous suivez la tendance du politiquement correct, ou simplement parce que vous trouvez qu’elles ne vont avec rien, mettez-les au moins dans votre sapin ! Au demeurant, il serait temps que vous fassiez l’inventaire de votre coffre-fort, car je prévois un grand retour des pierreries précieuses dans la mode des années à venir. Enfin! Les dessinatrices et dessinateurs de joailleries vont pouvoir "s'éclater" de nouveau! C’est normal : après chaque restriction, c’est la fête ! Pas besoin de consulter les cahiers de tendance ou d'embaucher une voyante pour le savoir! C'est tellement évident! Soyez donc dans l’avant-garde et commencez tout de suite ! N’oubliez pas qu’en étant snob, vous avez certains talents d’éclaireur. Ne les contrariez pas ! C’est un don du ciel ! Alors: Brillez autant que vous pouvez! Alléluia !

    Je vous souhaite un JOYAUX NOËL !

    Anton@Snoblissime.com

     


  • Dans le cahier réservé aux visiteurs de l’exposition à l’Hôtel de Ville, consacrée à Andrée Putman, j’ai lu la phrase suivante : « Quel snobisme ! Heureusement que c’est gratuit ! ». Je suis, en partie, assez d’accord avec ce visiteur anonyme : par aubaine, l’exposition est gratuite ! Toutefois, personnellement, je n’y ai détecté aucun snobisme ! Franchement, qu’est-ce qu’elle a inventé ? Des salles de bains en carrelage en damier ? Des rééditions de meubles Art Déco ? Que du déjà-vu ! Son slogan « Le vrai luxe, c’est d’être exigeant » ? C’est un peu léger à mon avis, car même la plus jeune de mes filleules, qui fréquente encore l’école primaire, saura vous dire que l’on vit bien mieux en étant autoritaire et exclusif! What’s new ?

    Soit ! la moyenne d’âge des visiteurs, qui était proche de l’âge de la retraite (j’ai même croisé un sosie de Philippe Starck !), prouve que cette exposition plaît surtout aux snobs de la patine. Marcel Aymé, dans Le Confort Intellectuel, souligne pourtant que le snobisme,  « cette libre et bénévole propagande au service des idées », nécessite  « une bonne part de frivolité et d’instabilité qui en assure le renouvellement. ». Ainsi « Un snobisme chasse l’autre, dit-on très justement ou plutôt disait-on. »

    Car, hélas !, l’auteur constate que le « véritable » snobisme a rendu l'âme vers la fin des années 20 du siècle dernier. Et à quoi ou à qui doit-on ce « malheur » ?  Qui en est responsable ? Qui a transformé nos « engouements passagers » en « acquisitions définitives de la sensibilité bourgeoise » ? Devinez ! Non, ce n’est pas la faute à Brice Hortefeux cette fois-ci !

    « Ils prennent tout très au sérieux et ne gardent plus par devers soi cette légère réserve d’ironie qui permettait autrefois d’oublier et de repartir ». Et oui, mes chers, le monde est devenu barbant !

    Marcel Aymé étant décédé lui-même, vous avez quand même une chance quasi indécente de m’avoir ! Vous êtes des petits veinards ! Grâce à moi, vous ne perdez pas votre sens de la dérision ! Grosso modo : grâce à moi, vous resterez éternellement des snobs jeunes ! Pendant que les conformistes avec leur petite tête bourgeoise creusent, pour ainsi dire, leurs propres tombes ! Cela les apprendra à ne pas céder la place aux jeunes et à idolâtrer des personnages, qui méritent pourtant une retraite (ou un tombeau) dans une province ultra-profonde depuis belle lurette. Sans omettre ces fils et filles (et parfois même des bâtards) de célébrités, mortes et vivantes: un phénomène fort rependu dans votre adorable pays et auquel beaucoup de snobs sont très réceptifs, comme si l’intelligence et le talent étaient génétiquement transmissibles. Alors que l’Histoire a amplement prouvé, que ces qualités puissent sauter plusieurs générations ou encore, disparaître à jamais !

    Enfin !, laissons ces naïfs et ignares à leur besogne, et profitons du moment, pour saluer nos nouveaux lecteurs en République Tchèque, en Roumanie, en Moldavie, au Brésil, au Mexique et last but not least, au Maroc ! Avis aux nouveaux plagiaires : n’ayez crainte, je ne vous poursuivrai pas ! Vous me flattez trop !! Cependant, j’ai dû constater avec une légère déception, en consultant ma boîte aux lettres, que vous n’aviez guère été généreux, suite à mon appel lancé le 6 décembre à propos de la fête de Saint Nicolas. A ce jour, je n’ai eu aucune livraison de la part de la maison Deutz. 

    Singulièrement vôtre,

    Anton@snoblissime.com

     

     


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    J’ai passé mon week-end de la Toussaint à Maastricht. Jadis, avant le traité, à part quelques amateurs d’histoire qui savaient que D’Artagnan y laissa sa peau, rares étaient vos compatriotes au courant de l’existence de cette ville. D’ailleurs, certains employés de la SNCF éprouvent encore aujourd’hui beaucoup de peine pour la situer sur la carte européenne. Ecrire et prononcer son nom correctement ne semble pas une mince affaire non plus. Soit !, la ville est charmante, riche de plusieurs remparts (dont certains joliment plantés de plantes aromatiques), une imposante quantité d’églises de toutes les époques (y compris une collection ahurissante de reliquaires) et un véritable labyrinthe de ruelles et grandes places où l’on fréquente les boutiques et la bourgeoisie chics de la ville. La ville possède même un musée avec quelque Breughel (n’omettez pas la foire TEFAF si vous souhaitez vous en offrir un) si vous êtes un snob du genre artistique ou culturel. Vous pouvez également y participer annuellement au Carnaval, mais n’oubliez pas : vous êtes à dix mille lieux de Venise. La fête se passe surtout dans des brasseries, car il n’y a pas de palais digne de ce nom au bord de la Meuse.  Ici, la seule noblesse qui participe aux parades et aux réceptions est un roturier du cru élu par le comité des festivités et qui reçoit le titre de « Prince » pour la durée de la saison. Une femme avertie en vaut deux !

    Par ailleurs, évitez également l’Hôtel de l’Empereur qui a perdu au moins deux de ses quatre étoiles. Comme quoi, il faut toujours se méfier, même des hôtels aux noms pourtant très prometteurs. Je n’y logerai même pas un hobereau hongrois. Aux âmes sensibles nous signalons également que la ville est parsemée d’effigies, de bustes et de statues d’André Rieu, qui est originaire de cette ville, et dont les interprétations musicales adaptées au « grand public »  et souvent jugées d'un style pompier, risquent de faire fuir les snobs conservateurs et puristes. Réfugiez-vous alors dans un de ces ravissants petits manoirs dans la campagne limbourgeoise, où autrefois une aristocratie aussi abondante qu’insolite (de Charlemagne à Guillaume III des Pays-Bas, sans négliger l’encombrement sensationnel de comtes, ducs, marquis, barons et leurs épouses : dans cette partie des Pays-Bas, un village pourvu de trois, quatre ou cinq châteaux n’est pas une curiosité), chassait le cerf. Au demeurant, Saint-Lambert, accessoirement un évêque issu d’une famille aristocratique, éduqué à la cour royale mérovingienne, un des conseillers les plus écoutés de plusieurs rois austrasiens et prédécesseur du patron de tous les chasseurs, Saint-Hubert, était également originaire de cette ville. Il sera assassiné par un domesticus (une sorte de Premier Ministre) un peu trop zélé (fléau dont souffrent beaucoup de domestiques) de Pépin le Gros, puisque l’évêque désapprouva la naissance d’un bâtard de ce dernier. Il paraît que le saint homme se vengea à son tour et frappa ses assassins de maladies horribles.

    Soyez donc sages, surtout si votre budget « personnel » a déjà sérieusement souffert de la crise, et consultez d’abord le calendrier sur le site de l’artiste afin de vous assurer qu’il soit bien en tournée à Mexico City ou à Melbourne, pour ne pas être tenté de faire cette besogne soi-même. Certes, dans les oreilles d’un hypocondre snob voué à de très exclusives maladies, à des cas très rares et loin des maux des communs, un malaise suite à une malédiction prononcée par un martyr médiéval sonne sûrement comme le nec plus ultra des maladies snobs et doit égaler une fracture réduite par le plus illustre des professeurs ou, éventuellement, par son « bras droit ». Or parfois le nombre de bras droits d’un thérapeute dépasse beaucoup le nombre habituel, mais, pardi ! on connaît le même embarras dans le dépôt des reliques du Vatican : ainsi, certains saints ont vingt-trois doigts, trois crânes ou cinq jambes, afin de satisfaire le "grand public"... ! Prions pour nos frères les snobs puristes qu’André Rieu n’en aura pas autant ! 

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com

     

     





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