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    J’ai failli vous écrire depuis mon lieu de villégiatures perdu au milieu des brumes et odeurs de tourbe et de marécages, tout droit sorti d’un poème de Verhaeren ou d’un autre Décadent, mais le désir y n’était pas. Je ne pouvais tout de même pas me forcer. J’aurais eu l’air de quoi ?! D’un workaholic ? D’un stakhanoviste ? D’un trader ? Voyons ! Moi ? Qui affectionne tant la mollesse aristocratique et le luxe classique de la sieste ?

    Je voulais pourtant exprimer mon contentement quant aux bouleversements dans le monde arabe. Nous sommes très heureux pour nos consoeurs et confrères musulmans. À condition qu’ils laissent les monarchies en place ! Évidemment. Pour l’idiome des futurs nouveaux arrivés: le mot arabe pour snobisme est « tanabboûl ».  Je tacherai de trouver d’autres mots essentiels dans les semaines à venir. N’oubliez pas : historiquement, en snobisme, vous avez quelques siècles d’avance sur les Occidentaux.

    À propos, je voulais également vous demander : vous vous souvenez de mon premier Chinois sur mon blog, il y a quelques semaines ? Eh bien, figurez-vous, désormais j’ai mon propre agent littéraire en Chine. À cette vitesse-là, j’ai intérêt à préparer mes malles !

    Je voulais aussi vous rappeler que mes avertissements concernant le réseau connu sous le nom Facebook étaient fondés : un Chihuahua anglais s’y vante d’avoir 2.710 amis…. Vous voyez bien que j’avais raison ! Il faut toujours écouter mes conseils. J’espère vraiment que vous n’en êtes pas !

    Je suis donc de retour, plus blasé que jamais, mais pas encore à cent pourcent à votre service. Laissez-moi le temps d’acclimater : après mon séjour dans un charmant rendez-vous de chasse d’une dynastie royale toujours en activité, avec un personnel tout aussi provincial et charmant, le retour à l’urbanité est rude. Accordez-moi le temps de faire mes adieux à la paresse, qui a, forcément, toujours beaucoup de mal à me quitter. De surcroît, elle est de nature très lente. Or demain je pars pour une banlieue chic où je passe le reste de la semaine dans une villa ayant appartenu à quelque Poniatowski. Et je pense qu’elle a très envie de venir avec moi….

    Singulièrement,

    anton@snoblissime.com

     


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    Un lecteur attentif m’a fait savoir, suite à mon article sur les slips snobs du 16/07/2010, qu’il existe, à part Eminence, encore d’autres sous-vêtements masculins avec des noms très avantageux tels que Prestige, Elite et King. Nous lui remercions pour ces informations précieuses, mais il est de mon devoir de vous signaler qu’aucune de ces marques propose des slips « kangourou ».

    De mon côté, je vous signale la naissance de la marque « By appointment to H.H. Mario-Max Prince Schaumburg-Lippe ». Son designer est le fils du prince Waldemar zu Schaumburg-Lippe-Nachod, un cousin de la reine Margarethe II du Danemark. Pour votre gouverne : le Schaumburg-Lippe était jadis un minuscule comté, devenu principauté seulement à la fin du XVIII. siècle, en Basse-Saxe (Allemagne).  

    Mes correspondants en Autriche me signalent toutefois quelques détails pas snobs du tout.  Ainsi ce prince serait un enfant adopté : d’ailleurs, le chef du clan, son oncle Alexandre Fürst zu Schaumburg-Lippe prétend qu’il n’a nullement le droit de porter cette appellation. Il semble aussi que la dissertation de son neveu proposée à l’université d’Innsbruck (afin d’obtenir le titre de « docteur ») ait été refusée car soupçonnée de plagiat, un fléau qui semble universel.

    Nous constatons également que les slips à poche sont totalement absents dans la gamme dessinée par ce wannabe prince. Apparemment, selon lui, les royalties ne portent que des caleçons blancs. Ce qui est absolument faux car Prince Harry d’Angleterre en porte même en couleur rose.

    Or toutes les valeurs se perdent !

    Pour quand le lancement d’un comité de soutien pour la sauvegarde du slip kangourou ? 

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com

     


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    Vous avez certainement entendu parler du succès phénoménal d’ »Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel. Une fidèle lectrice a remarqué sur Amazon, que son livre est apparemment acheté par les mêmes personnes que mon Petit Bréviaire. Contrairement à son titre, j’en suis fort flatté !

    Evidemment, me diriez-vous, s’indigner c’est l’essence-même du snobisme. Je ne sais pas si c’est typiquement français, mais dès qu’il faut être indigné, vous êtes toujours de la partie. J’ai même la vague impression que certaines personnes aiment dîner chez Costes, uniquement pour le plaisir d’en sortir scandalisés par l’attitude de leur personnel de salle. Soit ! Dès qu’on ne respecte pas le protocole ou votre savoir-vivre, et hop ! Avouez-le : vous adorez vous indigner ! Ce n’est pas la peine d’en parler à votre psy, car c’est tout à fait normal. Pour les gens de bonne condition et de qualité, ceux qui ont reçu une excellente éducation (éventuellement privée et chrétienne), qui maîtrisent l’étiquette ou qui appartiennent à une élite, les occasions de montrer leur indignation seront, forcément, plus nombreuses que celles d’un foule barbare et inculte. D’ailleurs,  la Tulipe noire, Zorro et Robin des Bois étaient tous des aristocrates !

    Il faut toutefois considérer que le snob suprême ne quittera jamais sa tour d’ivoire pour se mêler à une quelconque indignation collective suite aux déficits et l’ennui de la société. Dieu le préserve des masses agitées! Rappelons-nous que la moindre excitation nuira à notre réputation snob. En conséquence la distinction conseille un air plutôt indifférent ou hautain ; voire un regard dédaigneux et intransigeant qui pourra, de surcroît, vous éviter certaines irritations et rages. Relisez éventuellement Le Prince de Machiavel, une lecture éternellement saine. Or il faut toujours s’indignez posément. Si vous vous énervez très vite, parlez-en à votre herboriste avec pignon sur Greenwich Village ou East Broadway (Chinatown) où le gratin bio de New York se fournit en tisanes sédatives. Partager son acupuncteur avec une princesse norvégienne ou un Prix Goncourt est une alternative avenante. A défaut, si vous n’arrivez pas à vous indigner calmement, suivez les conseils de Baudelaire :  « Enivrez-vous ! » Au demeurant, je vous rappelle que les Champagnes Gremillet fournissent près de 70 missions du corps diplomatique français. Gouttez donc la même cuvée que votre consul à Istanbul ou votre ambassadeur à Rome. D’un air élégamment indigné et désabusé bien sûr. 

    Singulièrement vôtre,

    Anton@Snoblissime.com


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    Une nouvelle année commence ! Byzance ! diront les snobs avant-gardistes : une quantité de nouvelles choses, idées et tendances vont arriver dont les plus chanceuses possèderont un snob-appeal absolu et incalculable! Superbe ! diront les snobs conservateurs : on va pouvoir les snober toutes ! Ainsi, en matière de snobisme, tout le monde sera content en 2011. Je ne vais tout de même pas semer la pagaille parmi vous ! Par les temps qui courent, nous, les snobs, nous devons rester solidaires, tout en gardant nos distances, évidemment.

    « La curiosité n’est pas un goût pour ce qui est bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare. » explique La Bruyère dans Caractères. « Unique, pour ce qu’on a et que les autres n’ont point. Ce n’est pas un attachement à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, à ce qui est à la mode. Ce n’est pas un amusement mais une passion et souvent si violente qu’elle cède à l’amour et à l’ambition que par la petitesse de son objet. Ce n’est pas une passion qu’on a généralement pour les choses rares et qui ont cours, mais qu’on a seulement pour une certaine chose qui est rare et pourtant à la mode. »

    En effet, je nous plains, nous les pauvres snobs souffrant de la curiosité, cavalant, en dépit des intempéries, d’un vernissage à une première mondiale, puis à son after-party, et demain d’un défilé à un deuxième, puis un troisième, parfois même cinq dans la même journée. Ces snobs font souvent beaucoup plus que les trente minutes de marche à pied que votre Ministre de la Santé vous recommande. Il faut alors être en bonne santé et très sportif. Cela n’est pas votre cas ? Alors, faites comme moi et apprenez à gérer votre curiosité. Occasionnellement, quand j’ai juste envie de ne rien faire, je deviens un snob conservateur par excellence. C’est mon « joker ». Et des jokers, il en faudra chaque année un peu plus !

    Je vous souhaite une année snoblissime !

     

    Anton@Snoblissime.com

     


  • Le dernier édito snob de cette année: il fait fonction d’ « out of office » aussi. Vous pensez bien que je ne vais pas rester en France, pendant que vous vous ridiculisez avec vos chars et soldats combattant ces trois malheureux flocons de neige. Pas de taxi, pas de bus, des magasins qui ferment précipitamment « à cause de la tempête » ; franchement, moi je préfère nettement être à Anvers (flânant négligemment dans la boutique à trois ( !) étages de Dries van Noten ou dans le quartier des diamantaires), sans me soucier des folies de la météo. A chacun ses valeurs.

    Mon retour ? Je n’en sais rien. Vous verrez bien. Après les tempêtes sans doute. Alors, comme il se doit, je vous souhaite un Noël aussi snob qu’il puisse l’être : enivrez-vous, consommez, achetez, gâtez sans modération ! Faites-vous plaisir et faites plaisir à vos instincts! Et en plus, ainsi, vous donneriez un sacré coup de pouce à notre économie qui en a un fort besoin ! Le shopping est aussi important que le Téléthon et c'est moi qui le dit! Soyez bling-bling jusqu’aux bouts de vos ongles, sortez les visons de vos vieilles tantes, sabrez sans regret votre stock entier de champagne, faites exploser votre American Express! Votre Premier Ministre vous en sera très reconnaissant. Peut-être même que votre Président vous invite à son repas de Noël avec son épouse et sa tribu, afin de vous remercier de votre soutien. Je vous rassure, je plaisantais, cela est peu probable. Effectivement, ça ne doit pas être drôle, un dîner au palais avec vos souverains tandis que les journalistes de Gala et Paris Match grouillent et sautent sur les bergères dorées comme des puces excitées. Il y a certainement des endroits plus paisibles sur cette terre. C'est Noël après tout! 

    Si, toutefois, vous n’osez vraiment plus porter la collection de broches clinquantes de votre grand-mère, parce que vous suivez la tendance du politiquement correct, ou simplement parce que vous trouvez qu’elles ne vont avec rien, mettez-les au moins dans votre sapin ! Au demeurant, il serait temps que vous fassiez l’inventaire de votre coffre-fort, car je prévois un grand retour des pierreries précieuses dans la mode des années à venir. Enfin! Les dessinatrices et dessinateurs de joailleries vont pouvoir "s'éclater" de nouveau! C’est normal : après chaque restriction, c’est la fête ! Pas besoin de consulter les cahiers de tendance ou d'embaucher une voyante pour le savoir! C'est tellement évident! Soyez donc dans l’avant-garde et commencez tout de suite ! N’oubliez pas qu’en étant snob, vous avez certains talents d’éclaireur. Ne les contrariez pas ! C’est un don du ciel ! Alors: Brillez autant que vous pouvez! Alléluia !

    Je vous souhaite un JOYAUX NOËL !

    Anton@Snoblissime.com

     


  • Dans le cahier réservé aux visiteurs de l’exposition à l’Hôtel de Ville, consacrée à Andrée Putman, j’ai lu la phrase suivante : « Quel snobisme ! Heureusement que c’est gratuit ! ». Je suis, en partie, assez d’accord avec ce visiteur anonyme : par aubaine, l’exposition est gratuite ! Toutefois, personnellement, je n’y ai détecté aucun snobisme ! Franchement, qu’est-ce qu’elle a inventé ? Des salles de bains en carrelage en damier ? Des rééditions de meubles Art Déco ? Que du déjà-vu ! Son slogan « Le vrai luxe, c’est d’être exigeant » ? C’est un peu léger à mon avis, car même la plus jeune de mes filleules, qui fréquente encore l’école primaire, saura vous dire que l’on vit bien mieux en étant autoritaire et exclusif! What’s new ?

    Soit ! la moyenne d’âge des visiteurs, qui était proche de l’âge de la retraite (j’ai même croisé un sosie de Philippe Starck !), prouve que cette exposition plaît surtout aux snobs de la patine. Marcel Aymé, dans Le Confort Intellectuel, souligne pourtant que le snobisme,  « cette libre et bénévole propagande au service des idées », nécessite  « une bonne part de frivolité et d’instabilité qui en assure le renouvellement. ». Ainsi « Un snobisme chasse l’autre, dit-on très justement ou plutôt disait-on. »

    Car, hélas !, l’auteur constate que le « véritable » snobisme a rendu l'âme vers la fin des années 20 du siècle dernier. Et à quoi ou à qui doit-on ce « malheur » ?  Qui en est responsable ? Qui a transformé nos « engouements passagers » en « acquisitions définitives de la sensibilité bourgeoise » ? Devinez ! Non, ce n’est pas la faute à Brice Hortefeux cette fois-ci !

    « Ils prennent tout très au sérieux et ne gardent plus par devers soi cette légère réserve d’ironie qui permettait autrefois d’oublier et de repartir ». Et oui, mes chers, le monde est devenu barbant !

    Marcel Aymé étant décédé lui-même, vous avez quand même une chance quasi indécente de m’avoir ! Vous êtes des petits veinards ! Grâce à moi, vous ne perdez pas votre sens de la dérision ! Grosso modo : grâce à moi, vous resterez éternellement des snobs jeunes ! Pendant que les conformistes avec leur petite tête bourgeoise creusent, pour ainsi dire, leurs propres tombes ! Cela les apprendra à ne pas céder la place aux jeunes et à idolâtrer des personnages, qui méritent pourtant une retraite (ou un tombeau) dans une province ultra-profonde depuis belle lurette. Sans omettre ces fils et filles (et parfois même des bâtards) de célébrités, mortes et vivantes: un phénomène fort rependu dans votre adorable pays et auquel beaucoup de snobs sont très réceptifs, comme si l’intelligence et le talent étaient génétiquement transmissibles. Alors que l’Histoire a amplement prouvé, que ces qualités puissent sauter plusieurs générations ou encore, disparaître à jamais !

    Enfin !, laissons ces naïfs et ignares à leur besogne, et profitons du moment, pour saluer nos nouveaux lecteurs en République Tchèque, en Roumanie, en Moldavie, au Brésil, au Mexique et last but not least, au Maroc ! Avis aux nouveaux plagiaires : n’ayez crainte, je ne vous poursuivrai pas ! Vous me flattez trop !! Cependant, j’ai dû constater avec une légère déception, en consultant ma boîte aux lettres, que vous n’aviez guère été généreux, suite à mon appel lancé le 6 décembre à propos de la fête de Saint Nicolas. A ce jour, je n’ai eu aucune livraison de la part de la maison Deutz. 

    Singulièrement vôtre,

    Anton@snoblissime.com

     

     


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    J’ai passé mon week-end de la Toussaint à Maastricht. Jadis, avant le traité, à part quelques amateurs d’histoire qui savaient que D’Artagnan y laissa sa peau, rares étaient vos compatriotes au courant de l’existence de cette ville. D’ailleurs, certains employés de la SNCF éprouvent encore aujourd’hui beaucoup de peine pour la situer sur la carte européenne. Ecrire et prononcer son nom correctement ne semble pas une mince affaire non plus. Soit !, la ville est charmante, riche de plusieurs remparts (dont certains joliment plantés de plantes aromatiques), une imposante quantité d’églises de toutes les époques (y compris une collection ahurissante de reliquaires) et un véritable labyrinthe de ruelles et grandes places où l’on fréquente les boutiques et la bourgeoisie chics de la ville. La ville possède même un musée avec quelque Breughel (n’omettez pas la foire TEFAF si vous souhaitez vous en offrir un) si vous êtes un snob du genre artistique ou culturel. Vous pouvez également y participer annuellement au Carnaval, mais n’oubliez pas : vous êtes à dix mille lieux de Venise. La fête se passe surtout dans des brasseries, car il n’y a pas de palais digne de ce nom au bord de la Meuse.  Ici, la seule noblesse qui participe aux parades et aux réceptions est un roturier du cru élu par le comité des festivités et qui reçoit le titre de « Prince » pour la durée de la saison. Une femme avertie en vaut deux !

    Par ailleurs, évitez également l’Hôtel de l’Empereur qui a perdu au moins deux de ses quatre étoiles. Comme quoi, il faut toujours se méfier, même des hôtels aux noms pourtant très prometteurs. Je n’y logerai même pas un hobereau hongrois. Aux âmes sensibles nous signalons également que la ville est parsemée d’effigies, de bustes et de statues d’André Rieu, qui est originaire de cette ville, et dont les interprétations musicales adaptées au « grand public »  et souvent jugées d'un style pompier, risquent de faire fuir les snobs conservateurs et puristes. Réfugiez-vous alors dans un de ces ravissants petits manoirs dans la campagne limbourgeoise, où autrefois une aristocratie aussi abondante qu’insolite (de Charlemagne à Guillaume III des Pays-Bas, sans négliger l’encombrement sensationnel de comtes, ducs, marquis, barons et leurs épouses : dans cette partie des Pays-Bas, un village pourvu de trois, quatre ou cinq châteaux n’est pas une curiosité), chassait le cerf. Au demeurant, Saint-Lambert, accessoirement un évêque issu d’une famille aristocratique, éduqué à la cour royale mérovingienne, un des conseillers les plus écoutés de plusieurs rois austrasiens et prédécesseur du patron de tous les chasseurs, Saint-Hubert, était également originaire de cette ville. Il sera assassiné par un domesticus (une sorte de Premier Ministre) un peu trop zélé (fléau dont souffrent beaucoup de domestiques) de Pépin le Gros, puisque l’évêque désapprouva la naissance d’un bâtard de ce dernier. Il paraît que le saint homme se vengea à son tour et frappa ses assassins de maladies horribles.

    Soyez donc sages, surtout si votre budget « personnel » a déjà sérieusement souffert de la crise, et consultez d’abord le calendrier sur le site de l’artiste afin de vous assurer qu’il soit bien en tournée à Mexico City ou à Melbourne, pour ne pas être tenté de faire cette besogne soi-même. Certes, dans les oreilles d’un hypocondre snob voué à de très exclusives maladies, à des cas très rares et loin des maux des communs, un malaise suite à une malédiction prononcée par un martyr médiéval sonne sûrement comme le nec plus ultra des maladies snobs et doit égaler une fracture réduite par le plus illustre des professeurs ou, éventuellement, par son « bras droit ». Or parfois le nombre de bras droits d’un thérapeute dépasse beaucoup le nombre habituel, mais, pardi ! on connaît le même embarras dans le dépôt des reliques du Vatican : ainsi, certains saints ont vingt-trois doigts, trois crânes ou cinq jambes, afin de satisfaire le "grand public"... ! Prions pour nos frères les snobs puristes qu’André Rieu n’en aura pas autant ! 

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com

     

     


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    Hier soir, lors d’un dîner succulent dans un salon particulier du Macéo (15, rue des Petits Champs – 75001 Paris) en honneur de notre exquise consultante en nutrition anti-âge Mildred (en présence d’une élite internationale, délicieusement lascive, prodigue et éloquente d’agréments opulents et spirituels ; en bref ultra-snob), notre ami John-John eut une idée fabuleuse : pourquoi Liliane Bettencourt ne fait-elle pas une donation de sa fortune au Trésor Public français ?

    Les arguments de John-John étaient de poids ! Premièrement, il n’y aura plus ce « trou » immense dans la caisse de votre Sécurité Sociale : donc fini les grèves et la pénurie de carburants. Deuxièmement : Madame Bettencourt ne sera plus harcelée par sa fille et son avocat. Troisièmement : l’image de marque de la Maison L’Oréal, qui a atrocement souffert de cette affaire, sera blanchie. Ce serait, en effet, un coup de marketing prodigieux, sans la dépouiller entièrement: il lui restera toujours sa villa somptueuse à Neuilly-sur-Seine, son île et ses nombreux comptes bancaires en Suisse ou en Asie.

    Se pose alors la question: est-elle snob, la charité ?

    Lord Henry, dans Le Portrait de Dorian Gray, considère le dynamisme de sa tante Lady Agatha, qui secoure un quartier pauvre de Londres, comme « trop laid, trop horrible, trop déprimant ».  Wilde parle même d’ « immoralité révoltante ». Charles Baudelaire se moque également de ces « entrepreneurs de bonheur public » qui persuadent les miséreux « qu’ils sont tous des rois détrônés ». L’auteur du Spleen de Paris suggère plutôt qu’on « assomme » les pauvres afin qu’ils redécouvrent leur orgueil. Ce qui n’est pas surprenant car si le dandy revendique une chose, c’est bien sa fatuité et son amour-propre! Ainsi le dandy s’amuse à provoquer nos codes moraux et à déstabiliser notre conscience. Ce qui explique sans doute pourquoi certains auteurs pensent que François-Marie Banier serait un dandy... Or, selon Françoise Dolto, qui est cependant une notoriété considérable, le public a la fâcheuse tendance de confondre « le dandy et ses imitateurs ratés, ces jeunes gens bien vêtus, peu occupés qui, par leurs familles ou par quelque ami cher, sont entretenus à rester parasites sémillants d’une société dite de plaisir ». Et toc ! 

    En revanche, chaque élan caritatif (et chaque donation) pourrait être tenu pour une forme altruiste de domination, de supériorité, de vanité et de snobisme.  Donner aux pauvres est flatteur pour l’ego ! Qui donne aux pauvres, prête à Dieu. Considérant son âge avancé, Madame Bettencourt (qui, au demeurant, ne figure pas sur la liste de clients pourtant ultra-élective de notre amie Mildred) devait y songer sérieusement. De par ailleurs, parfois, lorsqu’on s’engage véritablement, on devient une sorte de divinité soi-même ! Certes, l’Histoire religieuse mentionne déjà une Sainte Liliane (sauvagement martyrisée par un émir arabe au 9ème siècle), mais qui s’en souvient encore ? Notons toutefois que l’Ordre de la Charité (voir image), strictement réservé aux dames nobles (et richement orné de rubis et de diamants) fut instauré en 1878, par Abdülhamid II, sultan de l’empire Ottoman.  

    Indéniablement, la charité a toujours été un des passe-temps favoris de l’élite. Je vous rappelle cette anecdote touchante d’une autre lady débordante d’énergie comme seules les vieilles Anglaises savent l’être, à son retour à la capitale après quelques semaines de repos dans sa campagne. Dès le lendemain matin, elle souhaite se rendre près de ses protégés. Mais au lieu d’y trouver l’ambiance habituelle « hiver 54 », elle découvre un immense chantier, avec plein de HLM en construction. « Mon Dieu ! », crie-t-elle, saisie, à son chauffeur en sortant de sa Rolls Royce, « Qu’a-t-on fait avec mon adorable quartier de misère ?! »

    A propos, la lady, tout comme Madonna arrivant en 4 X 4 à l’orphelinat au Mali, commit un horrible faux-pas ! Car que disent les guides des convenances ? « Naturellement, il faut s’habiller discrètement pour visiter les pauvres. Prenons garde cependant qu’ils peuvent se sentir flattés qu’on soit bien mis quand on vient vers eux. Pas d’autos luxueuses à la porte d’une maison d’indigents; prenons le tramway, l’autobus, le métro. »

    Ces règles du savoir-vivre doivent en refroidir plus d’un (pourtant, une Madonna sur le dos d’un âne, quoi de plus harmonieux ?). Pour info : le Trésor Public de Neuilly-sur-Seine se trouve au 3, rue Boutard, métro Pont de Neuilly, ou le bus n° 176….

    Singulièrement vôtre,

    Anton@snoblissime.com

     


  • Mon Petit Bréviaire du Snobisme a déjà été traduit dans plusieurs langues exotiques (sans omettre une version piratée en Serbe !), mais pas encore en Afrikaans. Je sais, vous avez gardé un sentiment acrimonieux des prestations honteuses de vos footballeurs dans ce joli pays, malgré leur hôtel à cinq étoiles au bord de l'Océan Indien, nonobstant jugé « indécent » par votre secrétaire d’état… 

    La politique de l’apartheid appartient désormais à l’Histoire, et c’est une bonne chose. Quant au snobisme, il n’a jamais fait de discrimination entre les variétés de carnations qui peuplent ce monde. Ainsi la cérémonie du thé, le Théâtre Nô, l’ikebana ou la consommation de certains bordelais, sont toujours le privilège des nobles et riches Japonais. Le faste des certains maharadjas indiens restera sans doute un des plus flamboyants de notre Histoire. Par ailleurs, actuellement, en Inde (accessoirement le pays qui compte le plus de végétariens), ses citoyens prospères aspirent de plus en plus, par snobisme, à devenir des consommateurs insatiables de viande, y compris celle de vaches sacrées ! Et en Chine ou à Taiwan, on s’en doute, grâce à notre consommation fulgurante de produits asiatiques, le nombre de snobs ne cesse d’accroître quotidiennement.

    Il y a des gens de couleur dont l’amour-propre et le snobisme sont indéniables. Mohamed Ali, Whitney Houston, Prince, Barack et Michèle Obama, Noami Campbell, Malcolm X, Bokassa I, Michael Jackson ; des présumées princesses nubiennes (que l’on croise par douzaine à Paris) aux « sapeurs » de Brazzaville ou de Barbès : tous nous prouvent que le snobisme, qu’il soit « bling-bling » ou « bang-bang » (voire panafricaniste), n’est pas uniquement réservé au type caucasien.  Quelques aspirants expérimentent même (parfois pathétiquement) une carnation plus claire, bien que le snobisme de la peau blanche, naguère un symbole d’appartenance noble, ait disparu depuis plus d’un siècle. Pour votre gouverne : jetez un œil sur le blog de ma chère collègue américaine Danielle Belton (www.Blacksnob.com). 

    Au demeurant, selon certaines sources, les Sénégalais et les Mozambicains seraient plus snobs que les Ivoiriens ou les Camerounais. Je suppose que c’est comme chez nous, où les Suédois snobent les Finlandais, les Espagnols les Portugais, les Flamands les Wallons, et cetera.

    Et en Afrique du Sud ? Souvenez-vous de Winnie Mandela (et ses gardes du corps peu recommandables) et son ex-mari (et ses amis « stars » tels les Spice Girls, Amy Winehouse, Robert de Niro, Elton John, Cherie Blair et Uma Thurman) : tout nous laisse croire que le snobisme s’apprend très vite ! Si, d’aventure, vous y envisagez un séjour au calme (maintenant que les fanatiques du foot ont quitté les lieux), n’oubliez pas d’effectuer un petit voyage dans le luxueux Train Bleu (entre Johannesburg et le Cap) et, si vous êtes un snob culinaire, de déguster un bifteck de crocodile ou une poignée de chenilles grillées. Le snob à vin, après avoir fait quelques fouilles dans une mine de diamant (ou après avoir chassé une horde d’antilopes), se rafraîchira avec un verre d’un « Estate » (au sommet des appellations sud-africaines) en bavardant avec le chef d’une tribu hottentote ou en lisant le petit résumé en Afrikaans de mon Bréviaire ci-après (par la linguiste/écrivain Zandra Bezuidenhout), afin de ne pas passer pour un vulgaire touriste. 

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com


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    Je vous présente mes humbles excuses : j’aurais dû vous prévenir de mon absence. En effet, j’accompagnais une amie dont les parents possèdent un pavillon de chasse en Sologne lors de sa collecte de cèpes sur ces terres boisées ancestrales.  J’étais donc jusqu’aux chevilles dans la boue et les feuilles mortes, mais mes Fenestrier ont bien résisté. Pour combler les cèpes manquants, nous avons cueilli quelques pommes, poires et coings. Les champignons ont terminé sur des blini et les pommes ont eu une belle fin aussi (voir recette ci-après). Les autres fruits gisent, pour l’instant, dans des poteries antiques. Les poires finiront sans doute dans une salade à la Hussarde (voir rubrique « recettes »). Quant aux deux coings, je pense qu’ils achèveront leur séjour à la capitale en nature morte. On m’a dit, que ce fruit est pénible à éplucher, alors je n’essaie même pas.

    Nous avons également fait un petit saut à Menetou-Salon. Ou plutôt un grand saut, car il a fallu d’abord visiter plusieurs villages à la quête d’un établissement digne de nous recevoir. Ce n’est pas une mince affaire : se nourrir en province après 20h. C’était donc un peu sinistre, mais nous y avons toutefois découvert un rouge du cru très convenable, et le dîner (malgré la quantité insuffisante de foie gras) était plutôt bien aussi.

    Voilà pourquoi ! Maintenant je suis de nouveau  connecté au monde! Pour combien de temps ? Allons ! J’ai horreur des choses régulières et prévisibles, pas vous ? Laissons les abonnements aux bourgeois ! Vivons dangereusement ! Encore un luxe qui ne coûte pas forcément très cher ! Cela dit, par les temps qui courent, sans doute aussi un énième snobisme qui risque d’être annihilé par sa popularité ! Je répète : ce blog n’est pas un vulgaire périodique ! C’est un billet d’humeur. Et il y a des jours où l’humeur est défaillante, comme moi ces derniers jours.

    Soit ! Mon blog a eu sa 10.000ème visite ! En voilà une bonne nouvelle ! Cela mérite certes que vous buviez une ou deux Veuves à ma santé, cependant, ne le criez pas sur les toits (ni sur Facebook). M’inspirant de Montherlant , je vous rappelle qu’un blog, c’est comme parler à table, devant les domestiques . Espérons et prions donc que notre snob'log ne tombera pas entre des mains indésirables, ni dans un classement !

    Singulièrement vôtre, 

     

    anton@snoblissime.com

     





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