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    On se plaint, on se plaint ! Les publications seraient trop irrégulières, selon certains. Je rappelle ces ingrats, que j’avais une préface à écrire : de la version anglaise et numérique de The book of Snobs, mon premier I-book, enfin, ma première participation ! Puis, ne rien faire, je vous assure, c’est exténuant. Pendant les vacances, on y prend goût, et soudainement, sous prétexte que c’est la rentrée, il faut être disponible 24h/24. Je trouve cela même un soupçon insolent de votre part : je ne vous ai jamais promis des rendez-vous fixes ! Puis, rassurez-vous, quand il y a des questions ardues ou urgentes, comme vous l’avez constaté, je réponds toujours !

    En vous écrivant ceci, je vois que c’est l’heure de la sieste : le sommeil le plus snob qui soit ! Et, chose non négligeable : un des rares luxes qui ne coûte rien !

    Je vous dis donc à bientôt !

    Anton@snoblissime.com


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    (Soupire)…. Je suppose que vous êtes comme moi : aucune envie d’affronter les réalités de la rentrée!  De surcroît, mes vacances furent riches en mondanités! Je n’ai pas arrêté. J’ai même été invité à des brainstormings avec un attaché culturel du Pape (pour votre gouverne : il n’y en a que trois dans le monde !) ou avec LE spécialiste et historien en joaillerie de l’aristocratie royale de l’Europe du Nord.  Ajoutez à cela plusieurs dîners avec une amie à La Haye (invitée au mariage de Charlène et Albert) pour un débriefing détaillé, et vous comprenez mon besoin de repos. Je suis épuisé. Et en plus, un éditeur vient de me demander d’écrire la préface pour l’édition numérique (en version originale donc anglaise) de The Book of Snobs de William Thackeray ! Le premier livre consacré aux snobs ! C’est comme écrire la préface de la Bible !

    Ainsi, je vous demande gentiment : Faites comme si je n’étais pas encore rentré….

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com

     


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    En janvier 2000, le quotidien suisse « Metropol » annonçait que la tendance du nouveau millénium serait de « snober ou lieu de bouder ». En effet, en seulement une décennie, cette nouvelle ère nous a richement procuré de quoi snober. André Rieu est toujours-là par exemple. Et les banquiers à qui nous devons cette crise stupide aussi ! Il y a les trivialités à la télévision, les canailleries de nos célébrités, les indélicatesses de nos dirigeants politiques, les concombres espagnols, le parquet importé de Chine et j’en passe. Moi, il y a des jours, je ne sais plus comment transporter mon mépris tellement j’en distribue. Le snobisme suprême serait évidemment de tout réussir ou de tout posséder afin de pouvoir tout dédaigner. Puisque cela n’est pas toujours concevable, Jacques Bénigne Bossuet nous propose cette alternative fort alléchante : « On ne peut se rendre maître des choses en les possédant toutes ; il faut s’en rendre le maître en les méprisant toutes ». Vous n’êtes pas une ou un snob mystique ? Je comprends : ce n’est pas si évident que ça ! Comment mépriser la sublime paire de high heels (de Larare, bien entendu) ou la montre raffinée Hermès qui vous implorent depuis une semaine de l’autre côté de la vitrine ? C’est insensé !

    Forcément, si vous passez vos vacances dans un hameau perdu en Ardèche, ces tentations seront moins fortes. Pour votre gouverne : moi, je passe mes vacances sur un petit archipel où jadis toutes les Cours royales de l’Europe du Nord allaient respirer l’air riche en iode, sur le balcon d’une villa appropriée ou en faisant un petit tour en vélo dans les dunes en compagnie de deux gardiens de corps attitrés ou quelques représentants de la gendarmerie locale. Fâcheusement, aujourd’hui, les îles Frisonnes sont visitées par des milliers de vulgaires touristes hollandais et germaniques. Très peu de Français, ce qui est un atout. On ne fait pas des centaines de kilomètres pour rencontrer la famille entière de sa concierge au restaurant ou sur (selon le Guide Bleue d’Hachette) « une des plus belles plages de l’Europe ». Personnellement, j’y vois un autre grand avantage : j’ai de la famille qui y habite depuis le XIVème siècle, ainsi je ne suis nullement comparable à un vacancier banal. Prudence est mère de sûreté.

    Je vous souhaite de très belles vacances,

    Singulièrement vôtre,

    Anton@Snoblissime.com


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    Qu’il est agréable de snober I-phones, I-Pads et I-Pods pendant quelques semaines ! On y prend goût ! Pas de mails inquiétants d’amis qui réclament toute votre attention ou d’associations qui vous demandent de signer urgemment une pétition, pas de « textos » et autres invitations à un « BBQ » en une banlieue sans allure voire dangereuse ou à appeler un numéro afin de connaître les modalités à suivre pour obtenir un prix pour lequel on a été sélectionné, pas de Twitter qui diffuse tant de débilités, pas de Facebook pour lire celles de vos « amis », pas de Linked pour travailler son réseau. Comme j’aime être loin des mondanités, être insouciant et introuvable. Pour être désiré, il suffit d’être absent, prétendaient jadis les dandys, souvent répertoriés comme snobs « mystiques ». En effet, une fois l’effet produit, il faut partir. C’est aussi simple que ça.

    Après réflexion, cette sobriété est bien mieux que juste « agréable » : elle est paradisiaque, divine, elle est un état très proche de Dieu. Déconnectez et vous verrez ! Bien que je sois selon certains un disciple dangereux (je fais ici référence à une vieille comtesse italienne qui me qualifia « un ayatollah du snobisme »), je dois admettre que Dieu est le plus grand snob de l’univers ! D’un point de vue spirituel, évidemment. Car contrairement à la splendeur de certaines bâtisses et tenues religieuses, je doute fort que le bon Dieu soit bling.

    Soit ! Je suis de retour. Pour combien de temps ? Très peu. Profitez-en.  

    Singulièrement vôtre,

     

    Anton@Snoblissime.com


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    Vous les sentez peut-être aussi, cette fatigue et cette mollesse qui nous accablent dès que les vacances estivales pointent le bout de leur nez, début mai, généralement. Vous avez entièrement raison de ce laisser-aller: des millions de Chinois* qui, apparemment, ne connaissent pas ces moments maussades, restent infatigablement et adorablement à votre service.

    Moi aussi, je souffre de la chaleur et encore plus de ses moiteurs et odeurs. Ce qu’elle a de noble, la chaleur, c’est sa lenteur, ses piscines (éventuellement ses pool-boys car rien n’est plus contrariant, qu’une eau mal entretenue), ses cocktails glacés servis par une soubrette, ses patios ombragés et ses plages privées. En bref, du « glanding avec standing». 

    En effet, vous l’avez deviné : je pars quelques semaines en province. Dans un adorable cottage avec vue sur plusieurs collines parsemées de pâturages, d’étangs et de vergers, où se baladent librement, cependant avec harmonie, paysans du cru et animaux de basse-cour qui y font leur besogne et, au fond quelques daims et biches. Bien sûr, je contemplerai cette idylle verdoyante, ce hameau de la reine grandeur nature, avec un certain dégoût. Figurez-vous, c’est très reposant. Contrairement aux séances « Je vous montre mes photos de vacances ? », qui, personnellement, me mettent dans des états de grand énervement. Elles vous gâchent la rentrée. Il y a des gens, vous n’avez simplement pas envie de savoir où ou comment ils ont passé leurs vacances. Et maintenant, à cause de ces appareils sophistiqués, ces I-phones, I-Pads et autres inventions, prêts à photographier et à filmer (!) toutes les hideurs, voire  n’importe qui et n’importe quoi, qu’ils croiseront pendant leurs excursions, ces séances vont être plus longues que jamais ! Si vous y êtes sensibles comme moi, évitez vos amis ou votre famille jusqu’à la fin novembre. Là, vous aurez quelques jours, jusqu’à Noël, où les esprits seront occupés ailleurs. Dès Noël, il faut de nouveau les éviter, (tout le monde voudra absolument vous montrer sa belle table de fête, le sapin et les cadeaux) jusqu’à deux à trois mois après le retour de la station de ski. Car ces gens-là pensent que nous ne savons pas que la neige et les pistes sont blanches partout !

    Soit. Je vous souhaite un excellent début du mois de juillet, un bon Festival d’Avignon (n’omettez pas le spectacle de Natacha Amal les 12 et 19 juillet) et un agréable 14 juillet. Et, comme d’habitude, en attendant mon retour : ne soyez pas sages !

    Singulièrement, 

    Anton@snoblissime.com

    *Le meilleur restaurant chinois de Paris s’appelle Happy Nouilles, 95 Rue Beaubourg - 75003 Paris. 


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    Mon avocat à Rome va être débordé : non seulement, il défend mes intérêts dans une affaire contre mon éditeur du cru attitré qui omet depuis quatre années mes « royalties » : je suis à deux doigts d’attaquer Sibilla della Gherardesca, une vieille comtesse déchue de cette même maudite péninsule et qui survit grâce à l’écriture de manuels d’étiquette. Souvenez-vous, celle qui m’a traité de « ayatollah du snobisme » ! Quelle bête m’a piqué ? Mais, voyons, à ce moment-là je n’avais aucun argument concret pour contredire cette mégère! Certes, j’en étais très flatté au départ, mais au fond de moi-même, je la détestais. Maintenant, des arguments palpables, j’en ai. De très crédibles ! Comme preuve, d’abord, j’ai « Palace », le magazine des Costes, qui m’a désigné « Prince des Snobs » en décembre 2009. Déjà, pour un prince, une comtesse, c’est juste pour faire un peu de présence, voire du décor, ou pour en abuser de temps en temps. C’est claire. Mais surtout, l’introduction de Daphné Bürki, le 13 juin, qui annonçait une interview à propos mon « Manuel de savoir-vivre à l’usage des maîtres et maîtresses de chiens » et qui commençait par « Vous êtes le roi des snobs ! »

    Comment voulez-vous que reste blasé avec tout ça ?!

    Soit. Ethiquement, il m’est donc permis de faire de la concurrence à Elisabeth II ou à Béatrix d’Orange. Mais pour des raisons évidentes, je ne ferais pas une telle chose. Or je suis toujours blasé. Ce qui me rassure agréablement.

    Mais ce n’est pas tout ! Car qu’est-ce qu’elle prétend également, cette divine animatrice de Canal +?  Je vous le donne en mille : Je suis « le plus gentil des snobs » ! Forcément, ça vous tue une réputation ! Cependant, c’est un argument de poids pour clouer le bec, une bonne fois pour toutes, à certaines mauvaises langues. La vieille comtessa n’a qu’à se tenir !

    Mon avocate parisienne qui veille sur mes droits dans votre joli pays m’a suggéré la création d’une « application snob ». Fâcheusement, je n’ai aucune idée de quoi elle me parlait, en tapant sur l’écran de son appareil portable. Alors si parmi vous, une bonne âme pourrait me donner quelques conseils sur la fabrication d’une telle « application SNOB », merci de me faire parvenir vos propositions qui seront étudiées avec soin. Russes s’abstenir.

     

    Singulièrement vôtre,

    Anton@snoblissime.com


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    Je m’adresse aujourd’hui particulièrement à ces centaines de Russes qui visitent hebdomadairement mon blog. Rassurez-vous, ce n’est nullement parce que je vous soupçonne tous en train de me plagier médiocrement dans votre jolie langue, mais afin de venir en aide à ces milliers de toutous enfermés dans vos refuges mocovites! Car je viens de lire un article inquiétant selon lequel vos nouvorich refusent d’adopter des chiens qui se retrouvent aux fourrières puisqu’en Russie, apparemment, il est de « bon ton » d’avoir un chiot à pedigree dont on peut se vanter devant ses amis ! Pauvres Russes : ils n’ont toujours rien compris au snobisme, car les bâtards et les corniauds ont souvent des postures et gueules beaucoup plus uniques que votre labrador « chocolat » ou votre bichon maltais! Par ailleurs, l’Histoire fournit maintes preuves que le bâtard se révèle parfois très agréable et utile, et l’on en a vu gagner leurs titres de noblesse ! Puis, faut-il vous rappeler que Laïka, le premier être vivant mis en orbite autour de la terre, était une chienne errante trouvée dans les rues de Moscou ! Foin ! Vous avez vraiment la mémoire courte !!!

    Singulièrement vôtre,

    anton@snoblissime.com


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    C’est la fête aujourd’hui : non seulement c’est l’Ascension, mais aussi le premier anniversaire de mon snob’log  (ce qui, toutefois, ne peut être qu’une simple coïncidence) ; ainsi je me permet, avec une mollesse divine, le plus bref édito qui soit !  

    Singulièrement vôtre,

    Anton@Snoblissime.com


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    Un lièvre ne sera jamais un vison, dit ma mère lorsqu’elle rencontre des personnes qui se donnent beaucoup de mal pour appartenir à la noblesse alors qu’elles manquent d’élégance et d’éducation. Elle a reçu cette leçon de sa mère, et ma grand-mère sans doute de mon arrière grand-mère, et, qui sait, peut-être pourrait-on ainsi remonter jusqu’au XIV siècle. Car à cette époque, il manquait tellement de nobles et véridiques chevaliers, que les autorités françaises anoblirent une grande quantité de bourgeois et de paysans. Cela n’avait rien d’étonnant, car la guerre qui ravageait alors l’Europe allait durer cent ans et les soldats devenaient assez rares. Ces nouveaux nobles n’étaient toutefois pas très courageux et braves. Ainsi ils reçurent le surnom de « Chevaliers du Lièvre ».

    Le lièvre était déjà le symbole de la fécondité chez les Grecs anciens. Les « Chevaliers du Lièvre » se reproduisaient également à une vitesse phénoménale, ce qui explique pourquoi les aristocrates de pure souche, qui étaient apparemment beaucoup plus lents, les maudissaient. Or il paraît que certains descendants de ces faux nobles se trouvent encore dans les Bottins Mondains d’aujourd’hui ! Demandez donc préalablement conseil à votre héraldiste avant de publier les bans, car il se peut que la famille de votre partenaire ne soit pas tout à fait généalogiquement établie.

    En France, contrairement à beaucoup de pays germaniques et nordiques, ce n’est pas un lièvre qui apporte les œufs à Pâques, mais un lapin. La bestiole se vend alors en chocolat, ornant les vitrines de boulangeries et les appartements. L’œuf est, évidemment, un autre symbole de la fécondité. On les retrouve également en chocolat, dans toutes les tailles et de toutes les couleurs. Cependant, les œufs « Fabergé » ont l’immense avantage de se garder plus longtemps. De surcroît, ils ne sont pas « saisonniers ». Chez Christie’s à Londres, vos enfants peuvent en chercher à tout moment de l’année.

    Je vous souhaite de joyeuses Pâques !

    Singulièrement vôtre, 

    Anton@snoblissime.com

     


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    J’ai failli vous écrire depuis mon lieu de villégiatures perdu au milieu des brumes et odeurs de tourbe et de marécages, tout droit sorti d’un poème de Verhaeren ou d’un autre Décadent, mais le désir y n’était pas. Je ne pouvais tout de même pas me forcer. J’aurais eu l’air de quoi ?! D’un workaholic ? D’un stakhanoviste ? D’un trader ? Voyons ! Moi ? Qui affectionne tant la mollesse aristocratique et le luxe classique de la sieste ?

    Je voulais pourtant exprimer mon contentement quant aux bouleversements dans le monde arabe. Nous sommes très heureux pour nos consoeurs et confrères musulmans. À condition qu’ils laissent les monarchies en place ! Évidemment. Pour l’idiome des futurs nouveaux arrivés: le mot arabe pour snobisme est « tanabboûl ».  Je tacherai de trouver d’autres mots essentiels dans les semaines à venir. N’oubliez pas : historiquement, en snobisme, vous avez quelques siècles d’avance sur les Occidentaux.

    À propos, je voulais également vous demander : vous vous souvenez de mon premier Chinois sur mon blog, il y a quelques semaines ? Eh bien, figurez-vous, désormais j’ai mon propre agent littéraire en Chine. À cette vitesse-là, j’ai intérêt à préparer mes malles !

    Je voulais aussi vous rappeler que mes avertissements concernant le réseau connu sous le nom Facebook étaient fondés : un Chihuahua anglais s’y vante d’avoir 2.710 amis…. Vous voyez bien que j’avais raison ! Il faut toujours écouter mes conseils. J’espère vraiment que vous n’en êtes pas !

    Je suis donc de retour, plus blasé que jamais, mais pas encore à cent pourcent à votre service. Laissez-moi le temps d’acclimater : après mon séjour dans un charmant rendez-vous de chasse d’une dynastie royale toujours en activité, avec un personnel tout aussi provincial et charmant, le retour à l’urbanité est rude. Accordez-moi le temps de faire mes adieux à la paresse, qui a, forcément, toujours beaucoup de mal à me quitter. De surcroît, elle est de nature très lente. Or demain je pars pour une banlieue chic où je passe le reste de la semaine dans une villa ayant appartenu à quelque Poniatowski. Et je pense qu’elle a très envie de venir avec moi….

    Singulièrement,

    anton@snoblissime.com

     





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