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    Le prince Don Fabrizio, dans Le Guépard de Tomasi di Lampedusa, comparait sa catin favorite (évidemment aux origines paysannes) à son dogue allemand vêtu d’une sous-jupe de soie. Ce prince sicilien gardait apparemment de très mauvais souvenirs d’une dévergondée parisienne, rencontrée lors d’un congrès d’astronomes à la Sorbonne, qui le surnommait « mon chat » ou « mon singe blond », alors qu’il préférait clairement être appelé par son titre. Ainsi, sa prostituée locale n’avait pas le droit de jouir autrement qu’en braillant « Oh, mon grand prince ! »

     


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    G comme Gérontophilie

    Il s’agit de l’attirance sexuelle pour des vieillards, souvent une attirance pour le portefeuille de la personne âgée, éventuellement liée à la prostitution féminine et masculine (gigolos), ce qui explique le tabou qui pèse sur ce penchant. Pourtant, cela donne parfois des situations très pittoresques. Comme dans Emmène-moi au bout du monde de Blaise Cedrars, où une actrice raconte ses passages chez un prince de 101 ans, « l’homme le plus riche de France et, un pied dans tombe», avec une armée d’infirmières, de médecins, de masseurs et de valets qui s’occupent de lui, ainsi qu’un chauffeur « décoratif et obséquieux, un ancien cocher du tsar » avec Rolls-Royce.

    Si vous vous intéressez à un vieil héritier ou une vieille héritière de la sorte, sachez qu'il y a souvent une grande famille, atrocement avare, qui n'attend qu'à vous chasser! Que faire? C'est très simple: snobez-les en dépensant un maximum pendant que votre "protégé(e)" soit encore en vie.  

     

     


  • Un aristocrate russe séjournait chez Lord Tennyson, dans l'île de Wight. Chaque matin, il prenait son fusil et allait à la chasse. Un jour, il revint enchanté: "I killed two peasants...!", dit l'invité. "You mean: two pheasants...", corrigea le lord. "No, two peasants!", insista le Russe. "They were insolent, so I killed them..."


  • "Les bourgeois ont toujours éprouvé une sorte de plaisir masochiste à se faire donner publiquement les verges, pourvu qu'ils soient entre gens du même monde, au cabaret comme au théâtre - où d'ailleurs les ridicules que l'on raille ne sont jamais les leurs mais ceux du voisin. Depuis l'époque, évoquée par Maurice Sachs dans ses souvenirs*, où, au cours d'une conférence, Salvador Dali déclarait: "Je vous pisse dessus!" à un parterre de bourgeoises pâmées qui criaient "Bravo! Bravo!"- ce snobisme masochiste s'est étendu à de nombreux domaines."

    *= Au temps du Boeuf sur le toit. 


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    "La princesse Alice de Bade, qui ne souhaitait point souffrir d'amour, lançait avec irritation, à propos du drame de Mayerling: "L'amour? Allons donc! Laissons cela aux pauvres!"


  • "Vous avez la mine d'un trappiste, dit-il à Julien, vous outrez le principe de la gravité que je vous ai donné à Londres. L'air triste ne peut être de bon ton; c'est l'air ennuyé qu'il faut. Si vous êtes triste, c'est donc quelque chose qui vous manque, quelque chose qui ne vous a pas réussi. C'est montrer soi inférieur. Etes-vous ennuyé, au contraire, c'est ce qui essayé vainement de vous plaire qui est inférieur. Comprenez donc, mon cher, combien la méprise est grave." 

    (explication du prince Korasoff à Julien Sorel qui a confondu l'air triste et l'air ennuyé.)


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    "Jadis les Fuégiens, peuple à tendance nudiste, se protégeaient du froid en se frictionnant à la graisse de poisson. Certains autochtones arctiques préféraient des peaux d'ours, de phoques, d'oiseaux, et des intestins de mammifères marins pour coudre leurs vêtements imperméables. En reprenant ces traditions et en ajoutant une ceinture (avec boucle en ivoire de mammouth) et quelques bijoux barbares (peau de phoque ramollie, dents d'animaux divers, ivoire de morses, ossements variés, plumes, griffes et becs d'oiseaux), vous serez la star du prochain défilé automne/hiver de John Galliano."


  • "Le snob est presque par définition mal assuré dans ses rapports sociaux (au sens le plus large) et recourt au snobisme comme à un massage de son moi. Etant donné que personne n'est assez sûr de soi pour que son moi n'ait pas besoin, de temps en temps, de quelques manipulations externes, il n'est guère de gens qui ne soient snobs d'une façon ou d'une autre."


  • «Regardez cette lettre. Pourquoi elle est toujours au-dessus de toutes mes lettres? Parce qu’elle porte une couronne – si je reçois une lettre estampillée d’une couronne, miraculeusement cette lettre flottera dessus. Je me demande souvent : pourquoi ? Je sais parfaitement qu’aucun de mes amis ne sera jamais et n’a jamais été impressionné par quelque chose faite pour les impressionner. Pourtant, je le fais – voici la lettre - au-dessus de toutes les autres. Cela prouve, comme une éruption ou une tache, que je suis atteinte de la maladie… Je veux des couronnes ; mais elles doivent être vieilles ; des couronnes qui portent de la terre avec elles et des manoirs ; des couronnes qui engendrent simplicité, excentricité, aisance.» 

     


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    "Le bidet naît à l’époque de Madame de Pompadour, au moment le plus pimpant du libertinage. Si vous êtes à court d'idées: celui de la marquise en question était plaqué en bois de rose et décoré fleurs, garni de moulures, et les pieds et ornements en bronze doré. En Angleterre et aux Amériques on ne suit guère cette mode. Isadora Duncan, qui emportait toujours son propre bidet en faïence avec elle (car les hôtels américains en étaient dépourvus), se plaignait encore que certains directeurs refusent l’accessoire et qu’elle soit obligée de louer une villa à Miami pour l’installer convenablement! Il y a beaucoup de choses à dire au sujet de la pudeur américaine, mais le pays est vraiment trop vaste pour susciter l’intérêt d’un snob. Puis, entre nous, que pourrions-nous attendre d’un pays où la frustration liée au manque aristocratique pousse les pères et mères de famille à baptiser leurs fils Baron, Duke, Prince ou Earl ! Il faut être un peu naïf, tout de même." 





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