Par Antonius Moonen

Comme Gilles Deleuze, Nietzsche me fait beaucoup rire. « On ne peut pas ne pas rire quand on brouille les codes. (…) Il arrive souvent à Nietzsche de se trouver devant une chose qu’il estime écoeurante, ignoble, à vomir. Eh bien, Nietzsche, ça le fait rire, il en rajouterait si c’était possible. Il dit : encore un effort, ce n’est pas encore assez dégoûtant, ou bien : c’est formidable comme c’est dégoûtant, c’est une merveille, un chef-d’œuvre, une fleur vénéneuse, enfin « l’homme commence à devenir intéressant »…. (Gilles Deleuze, L’île déserte et autres textes.)
De surcroît, Nietzsche est tellement… snob ! « Celui qui démentie sa propre vanité la possède généralement dans une forme si brutale, qu’il ferme instinctivement ses yeux en l’apercevant, afin de ne pas être obligé de se mépriser ». Alors, chers lecteurs snobs, estimons-nous heureux d’être ce que nous sommes. D’ailleurs : « Celui qui a observé le monde profondément, il peut deviner la sagesse pourquoi les hommes sont superficiels. C’est l’instinct de survie qui leur enseigne d’être distraits, légers et artificiels.» Ainsi, au bord du précipice, le snobisme préserve et sauvegarde ! Après La Planète des Singes, pour quand La Planète des Snobs ?
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