Bien sûr si vous êtes Française ou Français, vous êtes libre d’utiliser « Liberté, égalité, fraternité » à votre guise. Cependant, cette devise prouvera que vous êtes sérieusement en manque d’inspiration. Puis, restez vigilants, car ces mots évoquent également un certain penchant pour l’uniformité, la similitude et la monotonie : des choses plutôt considérées comme des anti-snobismes. Mais c’est néanmoins une devise parfaite pour les quelques rares communistes de salon qui subsistent. Tenez bons, chers amis, même si monsieur Sarkozy utilise parfois bêtement le terme fâcheux ‘gauche-bobo’ à votre égard. Parce que, à l’instar du snob, vous haïssez les bourgeois.
Dans la devise « Travail, famille, patrie » il y également des mots qui sont source de beaucoup de stress. Admettons que « Dieu protège le roi ! ou « Un roi, une foi, une loi » sonnent plus élégants et d’avantage réactionnaires. Car il est des familles où le rappel du nom dans la devise tourne au calembour, des devises pas drôles, pas très aristocratiques du tout ! « S’ils te mordent, mords-les » conviendrait parfaitement à un pedigree de lévriers russes (cependant, c’est la devise de la ville de Morlaix !) Généralement, à l’origine des devises, on trouve un aïeul qui s’est illustré au cours d’un fait d’armes héroïque. Comme « Mon sang tient les bannières de France » des ancêtres du vicomte de Chateaubriand. Personnellement, je vous conseille quelque chose de moins ambitieux. La devise de Louis XI était « Qui s’y frotte s’y pique », accompagnée un fagot d’épines : ça a le mérite d’être clair et franc. Ce roi se moquait totalement d’être aimé, comme chaque grand souverain, il préférait être craint. Sa devise de secours était « Qui ne sait dissimuler ne sait régner. »
Le nec plus ultra, la plus snob de toutes, est évidemment « Nec Pluribus Impar » ; devise accompagnée d’un soleil dardant sur une mappemonde, parfaite pour un roi qui se prit pour un soleil. Littéralement, décodé cela veut dire : « non inégal à plusieurs », c’est-à-dire « au-dessus de tout », « égal à plusieurs » ou encore « je suffis à plusieurs mondes ». Louvois prétendait que cette devise signifiait : « Seul contre tous ». Voltaire nous apprend qu’elle avait été inventée par un « antiquaire », qui était alors selon le philosophe « un homme de grand savoir et qui s’est fait une réputation dans l’art de composer des devises. » Ma foi, ce métier m’irait fort bien.
Imaginez l’allure folle de vos bristols, le chic absolu de vos cartes de visite, de votre curriculum vitae, de votre site embellis par une petite réflexion de ma propre imagination! Absolument snoblissime !
Le coût de mon intervention ? Cessez donc de me demander cela à chaque fois que je vous propose mes services ! Comme d’habitude ce sera ruineux, extrêmement ruineux !
Pour mémoire : Spero invidiam est déjà pris!