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    Mon livre est « cultissime »  dans le roman de Fabrice Louis, Le Fou de Proust (27ème épisode):

    http://lefoudeproust.fr/2014/02/le-fou-de-proust-vingt-septieme-episode/

    « Pendant ce temps, Nadine de Rothschild se trouvait dans une librairie de la rue du général Leclerc pour y signer son livre Les Bonnes Manières. Elle, qui s’appelait Jeannette et était devenue baronne par son mariage, se sentait en banlieue comme un poisson dans l’eau.

    Une autre librairie de la même rue avait eu la même idée en faisant venir Anton Moonen, auteur du cultissime Petit Bréviaire du snobisme. Son discours trouvait un écho favorable chez ceux qui se disaient des réprouvés : « Le snobisme est une contre-culture, à rapprocher de l’underground, du punk, du décalé. Provocation, protestation, c’est un art de vivre pour sortir du troupeau et toujours être une exception. »


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    Pourquoi ce groupe s'appelle The Snobs ? Eh bien, c'est après avoir lu mon Petit Bréviaire du Snobisme que ce duo a choisi ce nom 

    "The Snobs are gifted sonic architects, creators of evocative universes that are passionate and organized, burning and haunted, intelligent and downright mischievous. All three songs have a tremendous beauty, a richness that can be explored over and over again." (Florence Wetzel dans All About Jazz).

    http://www.thesnobs.fr


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    Cher Anton,

    Je lis toujours tes posts avec grand plaisir, c’est pourquoi j’ai songé à t’envoyer cette entrevue snob, accordée récemment au journal Le Monde sur le sujet de l’éthique et de l’esthétique. 

    L’article est d’Une inutilité sublime. 

    http://lemotetlachose.blog.lemonde.fr/tag/rene-villemure-esthetique/

    À très vite!

    René


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    Les gens me posent souvent la même question (barbante) : « Ca coûte cher d’être snob, non ? ». Une bonne fois pour toutes : Pas obligatoirement ! Il y a des snobismes qui sont à titre gracieux. Tenez : le boycott par exemple. Certes, c’est généralement un snobisme « intellectuel ».  Le prolétariat a quelque mal à saisir que le boycott n’est pas (encore) une privation. Pourtant, le boycott n’est pas une autopunition et n’évoque aucun sentiment de « malheureux », au contraire : c’est la punition d’une (autre) personne ou d’un produit.

    Boycotter c’est traiter quelque chose de haut, avec le mépris adéquat (car il s’agit de représailles), en l’évinçant, en le bannissant, en le rejetant, en l’évitant (or c’est quasiment le synonyme du verbe « snober » !). De surcroit, le boycott est une abstention volontaire : comme à Zarathoustra (Übersnob), il vous décerne béatitude et fière allure. Pour votre gouverne: actuellement, le snobisme des (grandes) marques est considéré comme quelque peu vieillot et pathétique, un snobisme qu’on laisse –charitablement- aux Chinois qui en étaient privés depuis longtemps.

    En conséquence : Boycottons ! Cette semaine (les biosnobs seront ravis) nous avons élu la société Monsanto. Alors : Coca-Cola (c’est LE moment de switcher pour le snobisme du Breizh Cola), Malabar, Royco, Liebig, Knorr, les chocolats Poulain, Haagen Dazs (désolé pour les Haagen Dazs-snobs), Yoplait, Géant Vert, Heinz (désolé pour les Heinz-ketchup—snobs), Kellogg’s (désolé pour les cornflakes-snobs), Toblerone (désolé pour les Toblerone-snobs), Lipton (que les vrais thé-snobs excluent déjà), LU et c., et c.. Vous trouverez d'amples informations (y compris les raisons du boycott: vous n'êtes pas obligé de les connaître toutes, mais prendre conscience d'une ou deux afin de stimuler votre snobisme intellectuel, c'est déjà très honorable) et la liste complète sur

    http://www.comment-economiser.fr/monsanto-marques-boycotter.html

    L’argent ainsi économisé vous permettra quelques folies et dépenses irréfléchies. Toutefois, vous attendez sagement encore quelques jours (jusqu'au 17 février) afin de ne pas nuire à votre notoriété de snob apprenti encore très frêle: boycotter les soldes c'est übersnob !  

    Image : Monsieur Charles Cunningham Boycott, chargé des terres agricoles du 3ème comte Erne, dans le Vanity Fair britannique de janvier 1881, 


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    Autrefois, une journaliste de VOGUE Allemagne m’a désigné comme «bien plus haut qu’un snob : un dandy. » J’étais (c’était le premier article me concernant donc pas encore très blasé) très flatté mais (comme expliqué quelques mois après lors d’un thé en face du Dôme de Cologne où je fais annuellement mes acquisitions en eau chez la maison 4711) ce titre m’accablait. C’est comme une étoile « Michelin ». Ou deux ou trois. Des véritables dandys il n’en existe que très peu (logique car c’est un fin de race). Certes, on peut tous s’acheter une jolie cravate ou aller chez tel ou tel couturier. Quant à l’esprit (le dandy est un snob supposé « spirituel » voire mystique), fâcheusement, aucun commerçant en propose.

    C’est fort dommage que William M. Thackeray ne réalisa pas son vœux  d’écrire un chapitre pour son Book of Snobs (notez en passant que j'ai écrit la préface de la version "kindle") au sujet des « Snobbish Dandies » (c’est ainsi que l’auteur les nomme). A l’époque, il y en avait certainement beaucoup plus et parmi eux des spécimens vraisemblablement très attachants. Généralement le dandy – qu’il soit brillant ou pas- se place au dessus du snob lambda : il est vrai qu’en matière de finesse, les snobs disons primaires ont encore beaucoup de choses à apprendre. Puis le dandysme est uniquement une affaire d’hommes : raison de plus pour se sentir supérieur au snobisme qui s’adresse vulgairement aux deux sexes. Etymologiquement, le mot « dandy » est plus ancien que le mot « snob », mais qu’est-ce que cela représente un demi siècle dans notre Histoire linguistique ? Rien probablement.

    D’ailleurs, qui était le premier ? se demandent maintenant les snobs de la patine. Le dandy ou le snob ? Indubitablement, Adam aurait eu du mal à se vanter être un dandy, considérant sa nudité. C’est Eve, sa femme, la première snob répertoriée dans l’histoire de l’humanité et pour cause : elle est la première à connaître la lassitude. Et dans cette connaissance qu’elle absorbe en croquant la pomme, elle trouve la honte de la nudité. L’homme, dès lors, ne pourra plus se contenter de son simple appareil, de son humanité toute nue. Depuis, il cherche à se masquer, à se maquiller, à se dissimuler face aux autres, à « parler en-dessous ». Eve a accouché la comédie sociale, donc du snobisme. En l’occurrence du dandysme aussi.

    En bref : personnellement je préfère être "snob" que "dandy" car ce dernier doit toujours être impeccable et sublime. Rien qu'en écrivant ces mots, je ressens une immense fatigue m'envahir. Moi j’ai grand besoin de mon laisser-aller et de mon étourderie  ! 


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    Questionnaire snob Pierre-Arnaud Gillet

    Concepteur-Rédacteur free-lance pour agences et annonceurs. Galeriste. Chroniqueur dans Technikart.

    SHAG / Seriously Hazardous Art Gallery : http://s-h-a-g.fr

     

     

    - Etes-vous plutôt un snob « positif » (24h/24) ou plutôt un snob « relatif » ?

    P-A.G. : Le snobisme relatif n'existe pas. On est snob ou on ne l'est pas. Pour ma part, j'hésite encore.

    - Est-ce qu’on vous a déjà qualifié de snob ?

    P-A.G. : Malheureusement non mais sait-on jamais, il y a un début à tout sauf dans la banane où il y en a deux.

    - Quel est le snobisme que vous supportez le moins ?

    P-A.G. : Les bourgeois snob sont les pires. Ils pensent être légitimes. Le snobisme dans l'art m'insupporte aussi car il est souvent au détriment de l'émotion.

    - Quel snobisme vous pratiquez régulièrement ?

     P-A.G. : Le snobisme littéraire car c'est probablement le seul snobisme qui mérite de l'être. Si avoir lu John Fante, Raymond Carver et Italo Calvino, c'est être snob alors je le suis. Puis je regarde Arte aussi… Et je suis un snob à pâté : uniquement du pâté charentais !

    - Qui est selon vous le personnage le plus snob de notre Histoire ?

    P-A.G. : En lisant la définition de Wikipedia* sur le snobisme ('Un snob, c'est-à-dire une personne qui fait preuve de snobisme, cherche à se distinguer du commun des mortels mais se fourvoie dans une fausse élégance de parvenu ou un suivisme de cuistre), j'ai envie de répondre Nicolas Sarkozy mais ce serait lui faire trop d'honneur alors qu'il n'est qu'un cuistre. Alors disons Talleyrand.

    - A combien estimez-vous le pourcentage de vos amis qui sont snobs ?

    P-A.G. : Entre 0,1 et 0,2 %. Avec une marge d'erreur de 0,0001%.

    - C’est quoi pour vous le « comble » du snobisme ?  

    P-A.G. : Ne pas savoir qu'on l'est.

    - Quel est votre « petit » snobisme à vous ?

    P-A.G. : Boire mon café dans un mug Kiss. Et répondre à ce délicieux questionnaire.

     

     

    * : L’article de Wikipedia mérite une réaction de ma part. Il prouve que Wikipedia est parfois du grand n’importe quoi et qu’il faut s’en méfier comme d’un Kelly acheté en pleine médina de Casablanca. L’auteur s’est donné à cœur joie : « Fausse élégance », « parvenu », « suivisme », « cuistre ». Rien ne qu’en lisant cette définition, en tant qu’expert, j’ai immédiatement discerné le travail d’un amateur qui s’est contenté – abusivement - de nous généraliser (comme si l’on pouvait identifier le snobisme !) et de nous ôter toute intelligence et toute capacité d’esprit. Chaque société, aussi petite soit-elle, a ses classes ; chaque degré a  ses échelles ; chacun a ses « spécialités ». Surtout dans le monde des Snobs où la différence et l’unicité sont quasi religieuses.  Il y a - incontestablement - des snobs qui ont les caractéristiques décrites par cette encyclopédie électronique issue du volontariat, mais ils ne représentent qu’une minorité : en outre la branche qui pratique le snobisme de la qualité est certes plus discrète, mais beaucoup plus grande.

    De toute évidence, l’article n’est pas crédible dans sa totalité : mon nom n’y apparaît aucunement. Moi, spécialiste et auteur d’une dizaine de livres sur le sujet (sans omettre les traductions et les piratages), décrété Roi, Prince ou encore Ayatollah des Snobs par des instances avérées et internationalement reconnues ! Pff ! Ou plutôt « ouf » ? Puisque de nos jours tout le monde est référencé sur Wikipedia, y compris les people les plus effrontés  et  les plus abjectes qu’un véritable professionnel du secteur contestera explicitement.  Car un encyclopédiste convenable et plausible est snob. Forcément !


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    Je ne donne que rarement des interviews (snobisme oblige) mais hier j'ai accepté de répondre aux questions d'une journaliste d'ELLE Pays-Bas... Dans cet article elle constate que le snobisme en ce plat pays prend de l'ampleur... Il était grand temps! D'où mon enthousiasme probablement. Un peu de patriotisme peut-être aussi...

     


  • Depuis trois jours, après six mois d'attente, ma maison est - enfin - équipée d'un téléphone. Cela mérite effectivement que l’on sabre une bouteille de champagne, ce qui est programmé. Ce qui m’inquiète maintenant : comment garder mon numéro de secret ? C’est quand même incroyable : on subit les pires insolences de la part du personnel de France Telecom, et ensuite, une fois « branché », on est illico obligé de se mettre sur liste rouge afin de se protéger contre la muflerie envahissante !

    Autre angoisse, considérant la durée invraisemblable de l'installation, est la demande d’une « deuxième » ligne auprès de cette même compagnie qui possède – fâcheusement- le monopole. Ce n’est pas pour être « snob » (je jure Saint-Hermès et Saint-Karl que je ne recherche pas l’effet « deuxième voiture » ou « deuxième maison »), mais uniquement parce que mon architecte d’intérieur installe son bureau dans une partie de la maison. Par conséquence, c’est seulement pour une raison pragmatique, cette deuxième ligne téléphonique. Ainsi il sera toujours à proximité au cas où, soudainement, je songe à déplacer un meuble ou un tableau ou à changer complètement de décoration. C’est très, très pratique. Pas snob pour un sou. 


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    Annie, ma boulangère, prétend qu’elle n’est pas une snob. Elle est pourtant la seule au monde (!) à posséder un Petit Bréviaire du Snobisme avec une  dédicace de l’auteur en personne, la désignant comme « la boulangère la plus snob de la planète ». Annie est une snob modeste.  Outre son emplacement dans une ville au nom on ne peut plus snob, je précise que tout dans sa boutique* est fait-maison et authentique. Fi Pierre Hermé et ses inventions sophistiquées. Rien ne vaut une bonne pâtisserie classique et artisanale provoquant un effet  « madeleine de Proust », d’après l’auteur qui fit tant pour l’introduction définitive du mot « snob » dans les dictionnaires français !

    Ainsi Annie est même « pire » qu’une snob basique : elle est une marchande de snobisme !

    * = 85, avenue Gallieni – 77590 Bois-le-Roi

    Sur la photo : pain de seigle aux raisins uniquement en vente le weekend. 


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    Cher Antonius,

    Je suis très mal à l'aise ces derniers jours: une amie m'a traité de "snob terroriste" en public! Je ne ressens aucun gêne pour être snob mais "terroriste" depasse à mon avis les bornes. J'accepte volontiers qu'on m'accuse de tyrannie, mais le terrorisme n'est vraiment pas ma tasse de thé. Et maintenant c'est mon club de bridge qui tente de m'évincer, je n'ai pas été conviée à la dernière réunion de mon Rotary Club et mon voisin (Chevalier de la Croix de Malte) ne me salue plus ! Socialement je suis morte !

    Pénélope B., Paris 

     

    Chère Pénélope,

    Mais qu’avez-vous donc fait pour que votre amie vous traite de telle façon ? Avez-vous peut-être oublié d’acheter le dernier Charlie Hebdo que les collector-snobs s’arrachent déjà ? N’êtes-vous pas de ce snobisme-là ? Voyons ! L’objet-culte est un des carburants essentiels du snobisme. Wikipedia le confirme : « Le posséder donne le sentiment d'appartenir à une communauté de pensée et, le plus souvent, à une élite ». Sachez alors que ce manque de votre part est rattrapable. Vous pourriez même (avec un peu de chance peut-être chez Christie's) acheter quelques vieux numéros (on y mêlant quelque snobisme de la patine) et ainsi réduire de manière très convenable (mais définitive) votre amie en silence.

    Effectivement, ce n’est pas vous, mais votre amie la terroriste ! Puisque votre réputation semble déjà sur le déclin, pourquoi ne pas profiter de l’immense liberté que cette déchéance vous accorde dans votre quotidien? « Une fois la réputation ruinée, on est beaucoup moins gêné », dit un proverbe allemand. Et les Allemands, ils en savent quelque chose.  Gardez votre sang bien au froid. Justement, pourquoi ne pas profiter du vide dans vos obligations mondaines en ville et de l’hiver et faire un saut à Megève pour renouveler votre carnet d’adresse ? Il paraît qu’il y a eu un arrivage de tout nouveaux riches russes. Les Russes sont beaucoup moins susceptibles en matière de réputation. Et n’oubliez pas votre lecture totalement adaptée à vos besoins du moment  et au lieu : Snob Extrême !