• Bonne nouvelle pour nos amies et amis snobs à voitures : j’ai trouvé cet article sur le site http://www.autocar.co.uk/ :

    I am a snob!  I am not ashamed to admit it!  Sorry Mummy.

    Whenever there is discussion in these forums of badges and brands, the S word always crops up.  This is especially true when the subject is the VW group with it's socially stratified Skoda/VW/Audi collection.  It's a successful formula because it's not just me that's a snob.  You are too.  Possibly in a different way, possibly inverted.

    Quentin Crisp said that health consists in having the same diseases as your neighbours.  It might equally be said that you are not a snob if you have the same snobbishness as your neighbours.

    When I was young, I bought Citroens and Alfas, not just because they drove much better than Ford/Vauxhall/Rootes Group riff raff but also because I was an intellectual snob (Citroen) and an individualist snob (Alfa).  When it was time for the mid level exec company car, I spurned the obvious BMW 520i and picked the Lancia Thema Turbo, again in part because of individualist snobbery (no one's calling me a sheep).  When it was senior exec time, I avoided the thrusting, aggressive BMWs and Mercs and got a wafty XJ6, because I was a don't have anything to prove snob, and the "old man's car" perfectly complemented my small Coach briefcase, which was made of the most sensual leather and said "This man doesn't take work home".

    Fifteen years ago I bought an Alvis TE21 convertible in ice blue metallic.  I was aghast when I learned that there was a TV programme in England in which two big girl's blouses drove around in the same thing, I think visiting restaurants.  Then that mother hen to all big girl's blouses, Stephen Fry, drove the same thing in another programme in which he was, I think, a solicitor.  Thank God I was in California, because I am the sort of snob that doesn't want to be thought a wannabe or copycat.

    Some of you may give strictly rationalist reasons for recommending a Skoda and not a VW, but that's because you are inverted snobs, or not fooled by marketing into spending more money snobs.  You say what you say because you want to be distinguished from the crowd.  You're a snob.

    Aren't you? 

    Et voici, un des commentaires:

    I have never considered myself a snob until my girlfriend, who kept asserting that I was the most snobbish person she ever met while I kept saying the opposite, gave to me an enjoyable little book written by Antonius Moonen,  "Petit bréviaire du snobisme". Almost everything described there coincided with my living style! If it wasn't possible I have thought that she and Moonen wrote the book together just to make fun of me!

    No comment....


  • J’ai déniché, grâce à l’aide d’une amie et lectrice fidèle, un autre communiste notoire (lire ma chronique du 28 octobre 2010) aux origines aristocratiques : Enrico Berlinguer. Il était secrétaire général du Parti communiste italien de 1972 à 1984. Selon une concession, son père était le Cavaliere Nobile Don Mario Berlinguer ; un intitulé accordé à cette famille en 1777 par Vittorio Amadeo III, roi de Sardaigne, de Chypre et même quelques années de Jérusalem, et, dans ses heures creuses, duc de Savoie et prince de Piémont.

    « Don » est un titre honorifique aux origines castillanes qui signifie « seigneur ». Il fut d’abord utilisé pour les princes, évêques et seigneurs les plus importants et riches en Espagne, avant d'être employé pour toute la noblesse confondue. Avec l’expansion de la monarchie espagnole au XVI siècle, l’usage du Don arrive en Italie et un siècle après, il est usage de donner du « Don » aux prêtres et autres aristocrates « spirituels ». Ainsi, « Don » est utilisé pour toute personne que l'on souhaite honorer. Il est également devenu un titre officiel des parrains de la mafia. À ne pas confondre. Soyez très prudents! 

    Le titre de dom (comme dans le cas Dom Pérignon) est aussi appliqué dans certains ordres religieux qui jadis ne fréquentaient que des nobles, comme les Bénédictins et les Chartreux par exemple. Le féminin est Doña en castillan, Donna en italien et Dona en portugais. Il est employé dans les mêmes situations que le masculin et se donne également aux dames de tout rang.


  • Quelle est la barre la plus snob du monde? Voilà une question intéressante que les inventeurs d’énigmes, blagues et rébus embauchés par Carambar ne vous n'ont jamais posé. Et pour cause, car ce titre ne leur appartient pas. Alors quel est le nom de cette barre que les plus prestigieux et connus des avocats italiens spécialisés dans le divorce offrent à leurs clientes en détresse (parce qu’elle procure plus de bonheur que le Prozac) et que les marchands d’art et d’armes renommés pour leurs ripailles légendaires proposent à leurs invitées avant de remonter dans leurs limousines? Comment s’appelle cette friandise que Vogue australien considère de « bloody delicious » et d’un format « respectable » ? Quelle est cette barre dont il existe aussi une version de sept kilos, uniquement en vente en Suisse, et que les vrais « junkies »  aiment consommer avec un magnum Moët et Chandon ? Cette barre qui, à Londres (ville autoproclamée « capitale gourmet du monde »), remplace de plus en plus le coûteux Valhrona « pur caribe » en fin de dîner? Qui est-elle, cette barre qui peut se vanter d’être la plus volée chez Harrod’s ? 


  • Il n’y a pas de doute : l’église catholique a toujours su faire du bon marketing. La richesse de son iconographie en est la preuve incontestable, sans omettre les reliques, car le commerce des ossements était un des plus florissants à une certaine époque. L’idée était géniale : avoir votre propre morceau de saint homme ou de sainte chez vous, à la maison. Le résultat était que maint saint ou sainte avait soudainement cinq pouces, onze oreilles et cinq jambes. C’est très logique : dès qu’un produit a du succès, il est imité. C’est l’envers de la médaille, mais, bonté chrétienne oblige, on peut aussi y voir un compliment : la copie n’est-elle pas la flatterie la plus ostentatoire pour son fabricant ou créateur? Or la religion catholique a toujours su que nous sommes des snobs et donc très sensibles aux armoiries, particules et titres de noblesse. Si quelqu’un a inventé les « royal warrants », c’est bien elle. Rien qu’en cliquant, au hasard, sur le nom de quelques saints sur Wikipedia, j’ai découvert tout un monde merveilleux de princesses, de rois, d’aristocrates petits et grands, volant, quelquefois littéralement, au secours de cette institution religieuse. Que les professionnels du marketing s’en inspirent inlassablement ! 

    Un petit aperçu, donc. Pêle-mêle, car les classer par ordre chronologique, et c’est le cas de le dire, ça me prendra des siècles. Commençons par un échantillon des filles : Sainte Agathe, née au III siècle à Catane en Sicile, « dans une famille noble ». Sainte Agnès, qui rejette les avances du fils du préfet qui la courtisait avec empressement, lui déclarant qu'elle était déjà fiancée à quelqu'un de bien plus « noble » que lui. Sainte Barbara dont le père, un riche païen, l'enferme dans une tour faisant partie de sa demeure, ce qui suppose que la famille n’habitait pas une simple chaumière. Sainte Catherine qui naquit à Alexandrie « d'une famille de première noblesse ».  Sainte Christiane, venue au chevet de la reine de Géorgie, souffrante, qu'elle l'ait guérie : on en conclut qu’elle était dame à la Cour royale ou même bien une confidente. Tel est également le cas de Saint Ouen qui « vécut à la cour de Clotaire II et Dagobert I. . Sainte Clotilde fut le nom de « la deuxième épouse de Clovis, premier roi franc » qui se convertit au catholicisme. Sainte Odile était une « fille d'un duc d’Alsace » et  Saint Gertrude - dite sainte Gertrude de Nivelles- une « fille de Pépin de Landen ». Sainte Julienne de Nicomédie, également fiancée à un préfet de la ville qui désapprouve ses rejets : ainsi on présume qu’elle-même appartenait aussi à la « Haute » du royaume. Sinon, le préfet ne l’aurait vraisemblablement jamais remarquée.

    Chez les garçons, on n’y va pas de la main morte non plus. Saint Bernard de Clairvaux : « Né dans une grande famille noble de Bourgogne ». Saint Ignace de Loyola, né en 1491 « dans une famille de la petite noblesse basque ».  Saint Charles Borromée naquit dans une famille aristocratique lombarde du XVI siècle : « Sa mère était une Médicis » précise-t-on. François d'Assise : « Issu d'une riche famille marchande d’Ombrie, il mène d'abord une vie de dissipée de jeune noble et rêve de devenir chevalier ». Saint Georges : « Né d'une famille illustre » et «élevé par l'empereur Dioclétien lui-même aux premiers grades de l'armée ». Henri II le Saint (ou le Boiteux) :  « Né en 973, duc de Bavière, roi d'Allemagne en 1002, couronné empereur romain germanique. Il épousa Sainte Cunégonde (!), fille du comte du Luxembourg ». Thomas d'Aquin : « né au château de Rocca Secca, dans le royaume des Deux-Siciles ». Saint Hubert: « issu d'un lignage apparenté aux Pépinides.»  Saint Josse, vénéré à la fois en Bretagne et dans le nord de la France : « Frère du roi breton Judicaël », qui, nous le précisons, est également proclamé saint. Le plus connu des Saint Louis demeure évidemment Saint Louis IX de France, béatifié sous le nom saint Louis de France. Mais il y a là aussi « Saint Louis de Toulouse (1274-1297), fils de Charles II d’Anjou, roi de Naples ». Un dernier exemple, car ce petit name-dropping nous a suffisamment prouvé que l’Eglise préfère les bienheureux au sang bleu : Saint Yves « est né au milieu du XIII siècle dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy-Tréguier ».

    De nos jours, on vous invite à devenir membre de l’Association pour la béatification de l’impératrice Zita de Bourbon-Parme, la dernière des impératrices d’Autriche-Hongrie. L’association organise parfois des rencontres de réflexion et de prière à la paroisse Sainte-Elisabeth de Hongrie (75003 Paris), église conventuelle de l’Ordre de Malte, en présence, occasionnellement, de S.A.I.R. l’archiduc Rudolf d’Autriche, petit-fils du Bienheureux empereur Charles d’Autriche et de la bientôt Bienheureuse impératrice Zita. Sacrément snob! Avec ma bénédiction en prime ! Irrésistible !

     


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    Ce ne sera pas la première fois (ni la dernière !), que je consacre mon temps à la promotion de la force orgueilleuse et bienfaisante des pierres. En dépit de la crise qui nous contraint à demeurer politiquement corrects et à faire « profil bas »!  En dépit de ceux qui aimeraient que chaque émeraude chargée de pouvoirs occultes, chaque diamant à l’éclat souverain, chaque saphir aux reflets éblouissants, chaque opale maléfique, chaque rubis mystérieux, chaque topaze ayant appartenu à un sultan exécrable, chaque perle qui s’humanise jusqu’à savoir mourir, soit enterré dans un coffre-fort ou un musée, comme si l’heure de la renaissance du parti communiste avait sonné ! Pouah !

    Par aubaine, il n’y a pas que des bijoux d’une époque antique, des bijoux célèbres d’une reine décapitée ou des bagues de fiançailles tellement énormes qu’elles font déclancher le système d’alarme des aéroports ! N’omettez pas vos bijoux de famille ! Ils sont parfois assez simples, néanmoins snobs : portez-les surtout lors de votre demande de prêt auprès de votre banquier, car ils inspirent confiance. Il y a aussi des bijoux dits romantiques dont la monture ne sertit pas des pierres de grand prix mais du corail rose, des grenats, des améthystes, des turquoises, des perles de culture ou des émaux. Peu importe qu’il soit coûteux ou faux : le bijou attendrit notre époque tourmentée. D’ailleurs, ce n’est pas une coïncidence que l’on inventa le « strass » dans l’entourage de la bonne société endettée de la cour de Louis XV. C’est Georges Frédéric Strass, bijoutier de métier, qui eut l'idée en 1746 de confectionner des bijoux à bas prix avec des faux diamants. Ainsi les aristocrates déchus pouvaient briller à leur guise. Car malgré la matière douteuse qu’il travaillait, Strass avait le droit de se présenter comme « joaillier du roi ».

    Vous pouvez également fabriquer vos propres parures comme des colliers avec des bouchons de champagnes de grande marque, des amulettes avec des couvercles de boîtes de béluga ou demander des conseils à Christofle pour transformer vos couverts en bijoux «barbares ». Quand on est pauvre (ou paresseux), il faut être inventif. Ce qui explique, au demeurant, pourquoi les pauvres (et les paresseux) sont souvent plus intelligents que les riches, même si les enjeux ne sont pas les mêmes.

    La bijouterie dite de voyage ou fausse joaillerie est toutefois considérée comme un horrible faux-pas à Beverly Hills. Egalement proscrites à Beverly Hills sont les promenades à pied : vous risquez d’être pris pour un vagabond et de terminer au commissariat central. 

     


  • Avant de commander une quinzaine de marronniers centenaires ou une équipe de rocailleurs, sachez qu’il faut également prendre en considération sa taille (celle du jardin !).

    Nous aimons beaucoup le jardin à la française, de préférence avec une allée au gravier agréablement grinçant lorsqu’une voiture élégante s’approche de la maison. Inlassablement snob reste toutefois le jardin anglais, emblème de la nature harmonieuse et de la mélancolie. Le premier jardin à l’anglaise sur le continent fut également l’oeuvre d’un prince allemand. L’ambiance à Wörlitz est toujours délicieusement DDR, mais les murailles (en lave authentique du Vésuve), les petits temples et demeures du domaine (variant du classique au gothique flamboyant) ont tous été rénovés par l’Unesco.

    Le nain de jardin est également allemand. Pour votre gouverne : les plus anciens survivants (en marbre, sculptés à la fin du XVII siècle) se trouvent dans le parc du château Mirabell à Salzbourg en Autriche. En 1744, deux grandes manufactures se vantent de leur production de nains de jardin : la très prestigieuse Manufacture de Meissen et la Manufacture de la Cour Impériale de Vienne afin de faire face à l’énorme demande, car chaque aristocrate en voulait dans son jardin de plaisance. Vingt et un nains s’établirent même en Angleterre, dans les buissons de Camport Hall, la demeure élégante de Sir Charles Isham. Lui aussi s’en vantait !

    C’est seulement au moment où sa fabrication devint industrielle et qu’il envahit chaque jardin d’ouvrier que le nain de jardin tomba littéralement de son piédestal. Pendant des longues décennies, il resta le symbole de la petite bourgeoisie et du mauvais goût.

    Désormais, grâce à Susan Sontag et Jeff Koons, le nain de jardin a reconquis son snob-appeal. Mais pour combien de temps ? 


  • Notez que le jardinage est souvent affaire de glossaire, plus que de botanique. D’abord, un véritable amateur s’exprime toujours avec des références latines. Soyez rassuré, ce penchant pour la langue de la décadence n’est pas immoral. Cela permet uniquement d’être plus détaillé dans la description de l’espèce. Quant au name-dropping « humain » : la liste des aristocrates pratiquant ce divertissement est très variée. La première altesse royale qui s’intéressa ouvertement à l’art du jardinage était un Electeur de Saxe, au milieu du XVI siècle. On y trouve aussi la princesse de Caraman-Chimay (qui conseilla longtemps la rédaction de Maisons et Jardins), Vita Sackville-West (grande amie de Virginia Woolf), la duchesse de Westminster (qui fut longtemps la conseillère de House and Garden en compositions florales), le prince Hermann von Puckler-Muskau (un dandy avant l’heure) ou encore le vicomte Georg Friedrich de Bade qui collectionnait des « Gartenmägdlein », des « petites vierges de jardin ». Il en possédait 160. Elles portaient toutes des uniformes de hussarde et le vicomte les punissait sévèrement lorsque leurs travaux de jardinage ne lui plaisaient pas.

    C’est au cours de la révolution industrielle du XIX siècle que le jardinage est devenu un passe-temps « populaire ». Londres était alors tellement polluée, que les classes moyennes commencèrent à installer des jardins ornementaux avec parterres de fleurs, buis et ifs, et même des plans d’eau, dans les banlieues. Depuis, l’horticulture est devenue un loisir à la mode et une détente pour les gens de tous milieux, y compris des snobs bobos et urbains.  Tout le monde aime plonger ses mains dans le terreau. Et pour ceux qui ne veulent pas abîmer leurs mains vertes, le Prince Jardinier a tout ce qu’il faut pour se ganter élégamment.

    Si vous n’avez pas le temps de vous instruire, alors embauchez tout simplement un architecte de jardin de bonne renommée ou séquestrez Stéphane Marie.  Il vous dira quelle végétation convient pour tel ou tel emplacement. Personnellement, je suis un grand amateur de fougères, de mousses, de lierres et d’espèces vénéneuses (bref, tout ce qui émerge dans les sous-bois ou dans les ombres des vieilles pierres), donc plutôt un jardin au nord. Mais si vous voulez qu’il vous esquisse une palmeraie, il est évident qu’il vous faudra un endroit plus ensoleillé. Ce n’est qu’une question de goût. Ou de carnation !

     


  • Dans notre univers de stress et de technologies rapides, le jardinage est un passe-temps qui aide à se relaxer. Autrefois, le jardin était le lieu favori des califes et sultans pour la sieste, en y ajoutant, selon l’humeur du moment, quelque méditation ou lecture philosophique. Le jardinage aussi est une activité « lente ». En effet, un arbre ne peut pousser plus vite en appuyant sur une télécommande. Et votre géranium n’aura pas plus de fleurs parce qu’il a 3.452 amis sur Facebook ! Or le jardinage peut nous amener à un état de sérénité, proche du stade méditatif. Toutefois, en accordant à la nature sa lenteur aristocratique, il faut aussi déboiser, désherber, bêcher, creuser, planter, fumer, râteler, arroser et tailler. Et surtout, je répète, il faut savoir patienter, car votre jardin ne peut céder à la vulgarité de la vitesse.

    Par ces temps de paupérisme généralisé, alors que l’objectif actuel est de faire baisser le prix de la construction, de rogner des mètres cubes ou des mètres carrés, d’unifier au maximum tous les éléments et d’éviter les détails trop coûteux, de vendre des espaces « atypiques » ou d’inventer des formules tel le « souplex » (rez-de-chaussée avec son sous-sol), c’est vraiment une chance singulière que de vivre en province. Dans une vieille demeure, isolée des mondanités et des laideurs, tel l’idéal musulman, qui est de vivre derrière un mur sans fenêtre, comme dans ces fermes fortifiées construites en une période si pareille à la nôtre, où tout le monde se chamaillait.

    Au XVI siècle, Noël du Fail, écrivain et juriste issu d’une famille de petite noblesse bretonne, par horreur des « brouillis du peuple », recommandait déjà que « chacun se retire en sa chacunière ». Les plus avantageux sont évidemment les propriétaires d’une chacunière tapissée de roses de Bengale, au milieu d’un cloître de charmilles taillées en voûtes d’arêtes et un vaste tapis de buis, véritable broderie découpée aux ciseaux, où tout n’est que noblesse de vivre. Et pendant les saisons froides, on s’installe au chaud dans son jardin d’hiver, au cœur de son orangerie, avec une volière baroque fréquentée par quelques oiseaux exotiques, entouré de plantes rares et onéreuses, en sirotant un rooibos bio. Ce blog vous a suffisamment démontré que le snob se soucie des arts (de la littérature à la peinture, de la musique au cinéma) : il n’est donc guère surprenant, qu’il soit sensible à l’art des jardins. Ainsi, les parcs et les jardins servaient souvent à épater leurs visiteurs. Des théâtres d’eau, des cascades, des grottes, des salons de treillage, des pilastres, des ruines, des statues, des balustrades, des contre-allées : dans le domaine du jardinage, le snobisme est illimité. Chaque jardinier est un Le Nôtre en herbe. 


  • Vous voulez commencer une collection de photos de monarques, de préférence dédicacées? Voici comment s’y prendre. 

    Vous pouvez vous adresser aux altesses directement. Ne vous embêtez pas trop avec des recherches de codes postales ou de numéros de la rue : le nom du souverain, le palais (facultatif) et le pays suffisent largement pour que votre courrier arrive à sa destination. Vous pouvez également y ajouter un « Bon Anniversaire » ou un « Joyeuses Pâques », car certaines altesses jugent vulgaire de satisfaire la requête d’un chasseur d’autographe. Comme ça, politesse oblige, vous êtes quasiment certain qu’elle vous répondra. Un bristol avec une charmante réponse protocolaire d’Elisabeth II ou d’Albert de Belgique est un joli début pour votre collection. Et n’oubliez pas prince Hans-Adam II du Liechtenstein. Ce n’est pas le moment de vexer les petites principautés: il n’y a pas que les sultans et émirs qui disposent d’un téléphone arabe, car nos têtes couronnées européennes ont fréquemment des liens familiaux. Je vous signale aussi, comme il arrive souvent aux employés dans le domaine du luxe, que les secrétaires de rois et de reines se prennent parfois pour leur employeur : ils font un « transfert ». Attendez-vous donc à une lenteur et une nonchalance aristocratiques dans le suivi de votre courrier.

    Si vous jugez plus sage d’élargir votre collection en y incluant les post-monarchies, il suffit de visiter les salles de ventes. On y découvre des vraies merveilles comme des épreuves d’époque de Soraya Esfandiari, ex-Shabanou devenue princesse royale d’Iran (avec tampon au verso). Ou encore le livre de messe du couronnement du roi Georges V et la reine Mary, des photos de mariage du roi Zog Ier et la comtesse Apponyi (surnommée la Rose Blanche de Hongrie) suivi d’images de leur exil (provenance : Agence New York Times) ou encore des portraits tout récemment découverts des Romanov ou d’un arrière petit-fils de Louis-Philippe.  Toutefois, cela vous coûtera plus cher qu’un timbre ou deux.

    Au demeurant, savez-vous pourquoi  on ne vit jamais les têtes des empereurs allemands sur les timbres ? Parce que Guillaume II ne voulait pas être « léché par le derrière » et « tapé dessus par le devant ».

     





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