• Est-ce que vous connaissez le SNOB PUBLISHING GROUP ? Non ? Pourtant cette société a des bureaux à Beyrouth et à Dubaï et diffuse une grande quantité de magazines dans le monde arabe, qui sont consultés par tous les sultans et cheiks, émirs et émiras du cru :

    Pour commencer le magazine Snob :  un mensuel féminin, cependant avec des renseignements pour toute la famille, vendu à 100.000 exemplaires. Ensuite il y a Snob Decor : un catalogue publié trois fois par an et surtout destiné aux architectes arabes et libanais spécialisés dans le luxe, suivi de Snob Decor Special qui est diffusé deux fois par an et qui s’intéresse plutôt aux designers en vogue et disponibles sur le marché arabe.  Snob Fashion est publié bi-annuellement et gère effectivement toute la mode vestimentaire, la Haute Couture, les joyaux, les parures et tous les créateurs arabes et internationaux ; Snob Beauty est un trimestriel : on y trouve toutes les nouvelles tendances dans le maquillage, la coiffure et la chirurgie esthétique. Puis il y a même Snob Wedding, une fois par an, consacré au mariage donc, avec cinq différentes sections : la mode, la beauté, le marié, la décoration, le tourisme & la lune de miel.

    Personnellement, je trouve qu’ils sont vraiment à envier, les lecteurs snobs du Moyen-Orient! 


  • Le brochet est sans doute le plus snob des seigneurs d’eau douce : c’est un grand paresseux, qui aime se chauffer au soleil et ne chasse que par intermittence et cela toujours à proximité. C’est un poisson de grande classe ! Encore plus snobs sont les corégones, poissons rares vivants en des eaux pures telles celles des lacs Léman, du Bourget ou de Finlande. On les sert souvent dans les restaurants huppés des rivages cités, car ils n’aiment pas trop voyager. Autre rareté fort convoitée est la lamproie, ce qui explique son prix élevé. L’omble chevalier, snob par son nom, est également assez insolite. Attention : parfois il est d’élevage comme l’omble du Canada. La chair du sandre est fine et agréable. Elle se prépare comme le brochet et est également très appréciée par les snobs gourmands.

    Le saumon, c’est comme le cabillaud : jadis un repas courant des pauvres des villes et villages riverains de la Loire, il devint rare et mets d’apparat. Actuellement le saumon (d’élevage) est de nouveau démocratisé. Le saumon fumé, autrefois pareillement un luxe très confidentiel, est également devenu très populaire. Notez qu’on reconnaît sa qualité à la couleur rose tendre au jaune, claire aux tons plutôt pastels. C’est en vieillissant que les tonalités virent à l’orange ou au brun, elles deviennent plus vives, comme laquées. Les autres salmonidés, comme la truite et l’ombre, peuvent autant être d’élevage. Ainsi, leur qualité gustative dépend de leur alimentation. Certaines sont médiocres, d’autres sont très bons. Sauvages, ils seront toujours excellents, alors, pourquoi prendre des risques ?

    Parmi les petits poissons de rivière rarissimes et recherchés, donc ultra snobs, nous conseillons, entre autres, l’apron, la blennie, le chabot et la lote. Surtout cette dernière est très, très inaccoutumée et très renommée. Mais inutile de passer commande à votre poissonnier, aussi snob qu’il soit. Vous aurez indubitablement plus de chance en lui commandant des poissons plus « roturiers » comme la carpe par exemple. Néanmoins, les spécialistes la considèrent comme « la reine des eaux douces ». Les Japonais sont d’ailleurs capables de l’acheter à un prix outrancier : il leur arrive aussi de décapiter cette reine d’un coup de sabre pour en débiter la chair crue. Quant à la carpe dite « royale », elle est élevée dans les étangs du Saulnois, de la Dombes (où l’on trouve également la célèbre grenouille, mets devenu un peu has been) et du Forez (pour votre gouverne : la plupart des étangs sont artificiels : les plus anciens datent du 13ème siècle et sont l’initiative des Comtes de Forez ; quant à la Carpe Royale du cru, elle y  fut introduite par le comte Guy de Neufbourg). Sa cousine, la tanche, est également très économique.

    L’anguille, prise en mer non polluée, peut être délicieuse. Prise dans de la vase, elle peut être répugnante. Elle est, à l’instar du thon, un éboueur. L’alose est de la famille du hareng, donc également considérée comme un poisson de basse condition, et de surcroît malheureusement, comme le chevesne, avec beaucoup d’arêtes. L’alose à l'avignonnaise est une préparation à base d'alcool et d'oseille qui fait « fondre » ces arêtes. Assez estimés par les passionnés du barbecue sont le barbeau, la brème et ces autres poissons d’eau douce, pleins d’arêtes et pas chers. Les Anglais les snobent totalement (ils les appellent « minnow ») et s’en servent surtout comme appât pour pêcher des espèces plus intéressantes ou comme nourriture pour chat. La perche plait pareillement aux amateurs de barbecue : elle est très pénible à écailler, mais grâce à sa chair fine, elle est sans doute un des meilleurs poissons de rivière. Soyez toutefois très vigilants puisqu’en France, elle est souvent importée. Le poisson-chat est autant un émigré. A l'origine, il se serait échappé des aquariums du Musée d'histoire naturelle à Paris pour coloniser la Seine, via les égouts. Susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques, les pêcheurs le considèrent comme fort nuisible. Cependant, en Grèce, en Albanie et en Asie, il se mange grillé, cuit au four, à la vapeur et frit.  Son cousin, le silure est originaire des pays de l’Est riverains du Danube. Discret et fuyant la lumière, ce prince des ténèbres préfère vivre dans les bas-fonds et son activité est essentiellement nocturne. Ainsi, comme Dracula, il alimente les légendes : on dit même qu'on en a pêché un dans le Danube de plus de 5 mètres et de plus de 500 kg ! D’élevage, ce poisson est commercialisé sous le nom de merval.

    Et enfin, le vairon, le goujon, l’ablette et le petit gardon qui sont, à condition de mesurer moins de cinq centimètres, les rois de la friture ! Comme quoi, le snobisme n’est pas forcément une question de taille ! 


  • C’est vendredi aujourd’hui, le jour du poisson ! Alors, une bonne fois pour toutes : quels sont les poissons les plus snobs ? Commençons par les poissons marins. Indéniablement, la sole reste la reine des eaux salées.  Le saint-pierre, le rouge-barbet, le bar, la lotte (parfois même plus chère que la sole!), les daurades, la barbue et le turbot sont les marquis ou les marquises. Beaucoup de poissons sont "snobs', sous condition qu’ils ne sont pas d’élevage bien sûr. Le colin était longtemps considéré comme un poisson humble : de nos jours il est devenu un grand bourgeois car son prix ne cesse de grimper.  Le mérou est très chic aussi, puisqu’il est en voie de disparition car trop pêché. Toutefois, chez certains poissonniers, on trouve son cousin, le mérou de sable, mais celui-ci est beaucoup moins délicat. Il en est de même pour le cabillaud : jadis un poisson très ordinaire, aujourd’hui il est devenu plus rare d’où son prix parfois très élevé (lire à son sujet le chapitre « Frappé, glacé, givré ou surgelé » dans mon Snob Extrême – Précis de fuite arctique et antarctique). 

    La rascasse, le grenadier et le béryx (également connu comme « empereur ») sont assez nobles mais relativement communs. Le mahi-mahi est un poisson très populaire aux USA, sans doute parce qu’il a peu d’arêtes et qu’il est donc commode à avaler par ces habitués du fast-food. Le thon a fâcheusement de plus en plus la réputation d’être l’éboueur des mers. Parmi les autres « prolétaires » du grand bleu :  le carrelet (c’est le poisson préféré des fish and chips anglais), la plie, la limande, l’anchois, la sardine, le sprat, le flétan (le « poids lourd » des poissons plats), le congre, la murène, l’espadon (également très apprécié par les amateurs de McDonald et Burger King), le haddock , le hareng (sauf si vous l’achetez à la Maison du Danemark), le lieu noir, le maquereau, , le mulet (attention : il est primordial de connaître ses origines car il peut aussi sentir les égouts) ou encore le rouget-grondin (il ne coûte pas cher, est toutefois assez snob car il a plus de 50% de pertes). Quant aux requins, on considère que les ailerons sont excellents (les Chinois en font leur potage célèbre). Des raies, on consomme également surtout les ailes. Leurs foies et joues sont toutefois très recherchés et très rares. Si vous avez la chance d’habiter Montréal, sachez que le barracuda s’y achète surgelé. Servir un barracuda à la bisque et aux crevettes sera certes très guindé, mais ses qualités gustatives sont malheureusement très petites.  Signalons enfin cette préparation japonaise connue sous le nom « surimi », qui n’est, faut-il le préciser, pas snob du tout. 


  • Bonne nouvelle pour nos amies et amis snobs à voitures : j’ai trouvé cet article sur le site http://www.autocar.co.uk/ :

    I am a snob!  I am not ashamed to admit it!  Sorry Mummy.

    Whenever there is discussion in these forums of badges and brands, the S word always crops up.  This is especially true when the subject is the VW group with it's socially stratified Skoda/VW/Audi collection.  It's a successful formula because it's not just me that's a snob.  You are too.  Possibly in a different way, possibly inverted.

    Quentin Crisp said that health consists in having the same diseases as your neighbours.  It might equally be said that you are not a snob if you have the same snobbishness as your neighbours.

    When I was young, I bought Citroens and Alfas, not just because they drove much better than Ford/Vauxhall/Rootes Group riff raff but also because I was an intellectual snob (Citroen) and an individualist snob (Alfa).  When it was time for the mid level exec company car, I spurned the obvious BMW 520i and picked the Lancia Thema Turbo, again in part because of individualist snobbery (no one's calling me a sheep).  When it was senior exec time, I avoided the thrusting, aggressive BMWs and Mercs and got a wafty XJ6, because I was a don't have anything to prove snob, and the "old man's car" perfectly complemented my small Coach briefcase, which was made of the most sensual leather and said "This man doesn't take work home".

    Fifteen years ago I bought an Alvis TE21 convertible in ice blue metallic.  I was aghast when I learned that there was a TV programme in England in which two big girl's blouses drove around in the same thing, I think visiting restaurants.  Then that mother hen to all big girl's blouses, Stephen Fry, drove the same thing in another programme in which he was, I think, a solicitor.  Thank God I was in California, because I am the sort of snob that doesn't want to be thought a wannabe or copycat.

    Some of you may give strictly rationalist reasons for recommending a Skoda and not a VW, but that's because you are inverted snobs, or not fooled by marketing into spending more money snobs.  You say what you say because you want to be distinguished from the crowd.  You're a snob.

    Aren't you? 

    Et voici, un des commentaires:

    I have never considered myself a snob until my girlfriend, who kept asserting that I was the most snobbish person she ever met while I kept saying the opposite, gave to me an enjoyable little book written by Antonius Moonen,  "Petit bréviaire du snobisme". Almost everything described there coincided with my living style! If it wasn't possible I have thought that she and Moonen wrote the book together just to make fun of me!

    No comment....


  • J’ai déniché, grâce à l’aide d’une amie et lectrice fidèle, un autre communiste notoire (lire ma chronique du 28 octobre 2010) aux origines aristocratiques : Enrico Berlinguer. Il était secrétaire général du Parti communiste italien de 1972 à 1984. Selon une concession, son père était le Cavaliere Nobile Don Mario Berlinguer ; un intitulé accordé à cette famille en 1777 par Vittorio Amadeo III, roi de Sardaigne, de Chypre et même quelques années de Jérusalem, et, dans ses heures creuses, duc de Savoie et prince de Piémont.

    « Don » est un titre honorifique aux origines castillanes qui signifie « seigneur ». Il fut d’abord utilisé pour les princes, évêques et seigneurs les plus importants et riches en Espagne, avant d'être employé pour toute la noblesse confondue. Avec l’expansion de la monarchie espagnole au XVI siècle, l’usage du Don arrive en Italie et un siècle après, il est usage de donner du « Don » aux prêtres et autres aristocrates « spirituels ». Ainsi, « Don » est utilisé pour toute personne que l'on souhaite honorer. Il est également devenu un titre officiel des parrains de la mafia. À ne pas confondre. Soyez très prudents! 

    Le titre de dom (comme dans le cas Dom Pérignon) est aussi appliqué dans certains ordres religieux qui jadis ne fréquentaient que des nobles, comme les Bénédictins et les Chartreux par exemple. Le féminin est Doña en castillan, Donna en italien et Dona en portugais. Il est employé dans les mêmes situations que le masculin et se donne également aux dames de tout rang.


  • Quelle est la barre la plus snob du monde? Voilà une question intéressante que les inventeurs d’énigmes, blagues et rébus embauchés par Carambar ne vous n'ont jamais posé. Et pour cause, car ce titre ne leur appartient pas. Alors quel est le nom de cette barre que les plus prestigieux et connus des avocats italiens spécialisés dans le divorce offrent à leurs clientes en détresse (parce qu’elle procure plus de bonheur que le Prozac) et que les marchands d’art et d’armes renommés pour leurs ripailles légendaires proposent à leurs invitées avant de remonter dans leurs limousines? Comment s’appelle cette friandise que Vogue australien considère de « bloody delicious » et d’un format « respectable » ? Quelle est cette barre dont il existe aussi une version de sept kilos, uniquement en vente en Suisse, et que les vrais « junkies »  aiment consommer avec un magnum Moët et Chandon ? Cette barre qui, à Londres (ville autoproclamée « capitale gourmet du monde »), remplace de plus en plus le coûteux Valhrona « pur caribe » en fin de dîner? Qui est-elle, cette barre qui peut se vanter d’être la plus volée chez Harrod’s ? 


  • Il n’y a pas de doute : l’église catholique a toujours su faire du bon marketing. La richesse de son iconographie en est la preuve incontestable, sans omettre les reliques, car le commerce des ossements était un des plus florissants à une certaine époque. L’idée était géniale : avoir votre propre morceau de saint homme ou de sainte chez vous, à la maison. Le résultat était que maint saint ou sainte avait soudainement cinq pouces, onze oreilles et cinq jambes. C’est très logique : dès qu’un produit a du succès, il est imité. C’est l’envers de la médaille, mais, bonté chrétienne oblige, on peut aussi y voir un compliment : la copie n’est-elle pas la flatterie la plus ostentatoire pour son fabricant ou créateur? Or la religion catholique a toujours su que nous sommes des snobs et donc très sensibles aux armoiries, particules et titres de noblesse. Si quelqu’un a inventé les « royal warrants », c’est bien elle. Rien qu’en cliquant, au hasard, sur le nom de quelques saints sur Wikipedia, j’ai découvert tout un monde merveilleux de princesses, de rois, d’aristocrates petits et grands, volant, quelquefois littéralement, au secours de cette institution religieuse. Que les professionnels du marketing s’en inspirent inlassablement ! 

    Un petit aperçu, donc. Pêle-mêle, car les classer par ordre chronologique, et c’est le cas de le dire, ça me prendra des siècles. Commençons par un échantillon des filles : Sainte Agathe, née au III siècle à Catane en Sicile, « dans une famille noble ». Sainte Agnès, qui rejette les avances du fils du préfet qui la courtisait avec empressement, lui déclarant qu'elle était déjà fiancée à quelqu'un de bien plus « noble » que lui. Sainte Barbara dont le père, un riche païen, l'enferme dans une tour faisant partie de sa demeure, ce qui suppose que la famille n’habitait pas une simple chaumière. Sainte Catherine qui naquit à Alexandrie « d'une famille de première noblesse ».  Sainte Christiane, venue au chevet de la reine de Géorgie, souffrante, qu'elle l'ait guérie : on en conclut qu’elle était dame à la Cour royale ou même bien une confidente. Tel est également le cas de Saint Ouen qui « vécut à la cour de Clotaire II et Dagobert I. . Sainte Clotilde fut le nom de « la deuxième épouse de Clovis, premier roi franc » qui se convertit au catholicisme. Sainte Odile était une « fille d'un duc d’Alsace » et  Saint Gertrude - dite sainte Gertrude de Nivelles- une « fille de Pépin de Landen ». Sainte Julienne de Nicomédie, également fiancée à un préfet de la ville qui désapprouve ses rejets : ainsi on présume qu’elle-même appartenait aussi à la « Haute » du royaume. Sinon, le préfet ne l’aurait vraisemblablement jamais remarquée.

    Chez les garçons, on n’y va pas de la main morte non plus. Saint Bernard de Clairvaux : « Né dans une grande famille noble de Bourgogne ». Saint Ignace de Loyola, né en 1491 « dans une famille de la petite noblesse basque ».  Saint Charles Borromée naquit dans une famille aristocratique lombarde du XVI siècle : « Sa mère était une Médicis » précise-t-on. François d'Assise : « Issu d'une riche famille marchande d’Ombrie, il mène d'abord une vie de dissipée de jeune noble et rêve de devenir chevalier ». Saint Georges : « Né d'une famille illustre » et «élevé par l'empereur Dioclétien lui-même aux premiers grades de l'armée ». Henri II le Saint (ou le Boiteux) :  « Né en 973, duc de Bavière, roi d'Allemagne en 1002, couronné empereur romain germanique. Il épousa Sainte Cunégonde (!), fille du comte du Luxembourg ». Thomas d'Aquin : « né au château de Rocca Secca, dans le royaume des Deux-Siciles ». Saint Hubert: « issu d'un lignage apparenté aux Pépinides.»  Saint Josse, vénéré à la fois en Bretagne et dans le nord de la France : « Frère du roi breton Judicaël », qui, nous le précisons, est également proclamé saint. Le plus connu des Saint Louis demeure évidemment Saint Louis IX de France, béatifié sous le nom saint Louis de France. Mais il y a là aussi « Saint Louis de Toulouse (1274-1297), fils de Charles II d’Anjou, roi de Naples ». Un dernier exemple, car ce petit name-dropping nous a suffisamment prouvé que l’Eglise préfère les bienheureux au sang bleu : Saint Yves « est né au milieu du XIII siècle dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy-Tréguier ».

    De nos jours, on vous invite à devenir membre de l’Association pour la béatification de l’impératrice Zita de Bourbon-Parme, la dernière des impératrices d’Autriche-Hongrie. L’association organise parfois des rencontres de réflexion et de prière à la paroisse Sainte-Elisabeth de Hongrie (75003 Paris), église conventuelle de l’Ordre de Malte, en présence, occasionnellement, de S.A.I.R. l’archiduc Rudolf d’Autriche, petit-fils du Bienheureux empereur Charles d’Autriche et de la bientôt Bienheureuse impératrice Zita. Sacrément snob! Avec ma bénédiction en prime ! Irrésistible !

     


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    Ce ne sera pas la première fois (ni la dernière !), que je consacre mon temps à la promotion de la force orgueilleuse et bienfaisante des pierres. En dépit de la crise qui nous contraint à demeurer politiquement corrects et à faire « profil bas »!  En dépit de ceux qui aimeraient que chaque émeraude chargée de pouvoirs occultes, chaque diamant à l’éclat souverain, chaque saphir aux reflets éblouissants, chaque opale maléfique, chaque rubis mystérieux, chaque topaze ayant appartenu à un sultan exécrable, chaque perle qui s’humanise jusqu’à savoir mourir, soit enterré dans un coffre-fort ou un musée, comme si l’heure de la renaissance du parti communiste avait sonné ! Pouah !

    Par aubaine, il n’y a pas que des bijoux d’une époque antique, des bijoux célèbres d’une reine décapitée ou des bagues de fiançailles tellement énormes qu’elles font déclancher le système d’alarme des aéroports ! N’omettez pas vos bijoux de famille ! Ils sont parfois assez simples, néanmoins snobs : portez-les surtout lors de votre demande de prêt auprès de votre banquier, car ils inspirent confiance. Il y a aussi des bijoux dits romantiques dont la monture ne sertit pas des pierres de grand prix mais du corail rose, des grenats, des améthystes, des turquoises, des perles de culture ou des émaux. Peu importe qu’il soit coûteux ou faux : le bijou attendrit notre époque tourmentée. D’ailleurs, ce n’est pas une coïncidence que l’on inventa le « strass » dans l’entourage de la bonne société endettée de la cour de Louis XV. C’est Georges Frédéric Strass, bijoutier de métier, qui eut l'idée en 1746 de confectionner des bijoux à bas prix avec des faux diamants. Ainsi les aristocrates déchus pouvaient briller à leur guise. Car malgré la matière douteuse qu’il travaillait, Strass avait le droit de se présenter comme « joaillier du roi ».

    Vous pouvez également fabriquer vos propres parures comme des colliers avec des bouchons de champagnes de grande marque, des amulettes avec des couvercles de boîtes de béluga ou demander des conseils à Christofle pour transformer vos couverts en bijoux «barbares ». Quand on est pauvre (ou paresseux), il faut être inventif. Ce qui explique, au demeurant, pourquoi les pauvres (et les paresseux) sont souvent plus intelligents que les riches, même si les enjeux ne sont pas les mêmes.

    La bijouterie dite de voyage ou fausse joaillerie est toutefois considérée comme un horrible faux-pas à Beverly Hills. Egalement proscrites à Beverly Hills sont les promenades à pied : vous risquez d’être pris pour un vagabond et de terminer au commissariat central. 

     


  • Avant de commander une quinzaine de marronniers centenaires ou une équipe de rocailleurs, sachez qu’il faut également prendre en considération sa taille (celle du jardin !).

    Nous aimons beaucoup le jardin à la française, de préférence avec une allée au gravier agréablement grinçant lorsqu’une voiture élégante s’approche de la maison. Inlassablement snob reste toutefois le jardin anglais, emblème de la nature harmonieuse et de la mélancolie. Le premier jardin à l’anglaise sur le continent fut également l’oeuvre d’un prince allemand. L’ambiance à Wörlitz est toujours délicieusement DDR, mais les murailles (en lave authentique du Vésuve), les petits temples et demeures du domaine (variant du classique au gothique flamboyant) ont tous été rénovés par l’Unesco.

    Le nain de jardin est également allemand. Pour votre gouverne : les plus anciens survivants (en marbre, sculptés à la fin du XVII siècle) se trouvent dans le parc du château Mirabell à Salzbourg en Autriche. En 1744, deux grandes manufactures se vantent de leur production de nains de jardin : la très prestigieuse Manufacture de Meissen et la Manufacture de la Cour Impériale de Vienne afin de faire face à l’énorme demande, car chaque aristocrate en voulait dans son jardin de plaisance. Vingt et un nains s’établirent même en Angleterre, dans les buissons de Camport Hall, la demeure élégante de Sir Charles Isham. Lui aussi s’en vantait !

    C’est seulement au moment où sa fabrication devint industrielle et qu’il envahit chaque jardin d’ouvrier que le nain de jardin tomba littéralement de son piédestal. Pendant des longues décennies, il resta le symbole de la petite bourgeoisie et du mauvais goût.

    Désormais, grâce à Susan Sontag et Jeff Koons, le nain de jardin a reconquis son snob-appeal. Mais pour combien de temps ? 





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